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À Suresnes, l’accompagnement des entrepreneures prend le relais de la création

À Suresnes, Paris Ouest La Défense met en avant une journée dédiée aux femmes entrepreneures et des ateliers pour aider les petites entreprises à se structurer.

Illustration - Une entrepreneure échange avec des conseillers lors d’un atelier économique

La Journée de l’entrepreneuriat féminin du 92 revient le 26 mai à Suresnes. Organisée par Paris Ouest La Défense, elle vise les créatrices, dirigeantes et porteuses de projet du département, avec une 6e édition centrée sur des besoins très concrets: financement, posture de dirigeante, pitch, leadership, santé, intelligence artificielle et orientation vers les ressources locales.

Ce programme dit quelque chose de juste sur l’entrepreneuriat dans les Hauts-de-Seine. Le problème n’est pas seulement de créer. En 2024, 37 236 entreprises ont vu le jour dans le département, soit 12 % des créations franciliennes. Mais la progression reste limitée, avec +0,9 % sur un an, contre +6 % en Île-de-France. Surtout, seules 380 nouvelles entreprises employaient au moins un salarié dès le démarrage. La plupart des créations commencent donc comme des activités individuelles, parfois prometteuses, mais encore fragiles.

C’est là que l’accompagnement local devient utile. Une immatriculation ne règle ni le financement, ni le carnet d’adresses, ni la stratégie commerciale, ni le passage parfois brutal du métier maîtrisé au rôle de dirigeant. La page Parkour publiée par Paris Ouest La Défense va dans ce sens: la session annoncée est déjà passée, mais le dispositif cible des entreprises qui ont dépassé la création, avec un premier bilan opérationnel et le besoin de structurer leur croissance. Travail en petits groupes, hypothèses à tester, feuille de route sur trois semaines: ce n’est pas spectaculaire, mais c’est souvent ce qui manque aux petites structures.

Pour les femmes entrepreneures, le sujet est encore plus précis. Le baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes en France indique que 39 % des créations d’entreprises sont portées par des femmes. L’envie progresse aussi: selon France Active et la Fédération bancaire française, 24 % des femmes envisagent de créer leur entreprise. Mais 84 % anticipent au moins un frein, notamment l’accès au financement, la peur d’échouer, la complexité administrative ou la difficulté à concilier vie familiale et professionnelle.

Le rendez-vous de Suresnes n’a donc d’intérêt que s’il sert de point d’entrée vers du concret. Une table ronde sur l’argent, des ateliers sur le leadership ou le pitch, des rendez-vous courts avec des acteurs locaux: pris séparément, ce sont des formats classiques. Mis au bon endroit, ils peuvent aider une entrepreneure à sortir de l’isolement, identifier le bon financement, clarifier une offre ou trouver le réseau qui manque.

Dans un département où les créations sont nombreuses mais très souvent sans salarié au départ, la vraie bataille se joue après le lancement. Créer une entreprise reste une étape. La faire tenir, décider plus vite, financer une croissance raisonnable et ne pas rester seule face aux arbitrages quotidiens: c’est là que commence le test.

Sources vérifiées: page POLD de l’événement du 26 mai à Suresnes et son programme; page POLD des ateliers Parkour; fiche Bpifrance Création sur les créations d’entreprises dans les Hauts-de-Seine en 2024; baromètre 2026 France Active/Fédération bancaire française; baromètre 2026 publié par la Direction générale des entreprises et Bpifrance. (parisouestladefense.fr)