Le port de Gennevilliers ouvre ses grilles: ce que la visite du 25 avril montre vraiment
Le 25 avril, HAROPA PORT organise à Gennevilliers deux croisières commentées gratuites, de 11 h à 12 h et de 14 h à 15 h, sur inscription avant le 23 avril, au départ du 40 route principale du port. L’objectif affiché n’est pas seulement d’attirer du public. Le port veut montrer à quoi il sert, comment il évolue et pourquoi il parle désormais autant d’environnement que de logistique.
À Gennevilliers, ce n’est pas un site secondaire. HAROPA le présente comme la première plateforme multimodale d’Île-de-France, avec 401 hectares, plus de 250 entreprises et plus de 8 000 emplois directs. Le port relie le fleuve, le rail, la route, les oléoducs et le transport combiné. Pour le nord des Hauts-de-Seine et au-delà, il reste un rouage discret mais central pour les matériaux, les conteneurs, l’énergie et une partie de l’approvisionnement métropolitain.
Cette visite tombe au bon moment parce que le fret fluvial cherche encore sa vraie place. En France, en 2023, 89 % du fret intérieur passait par la route, 9 % par le rail et 2 % par la voie d’eau. Pourtant, le fluvial garde un avantage clair: il émet trois à cinq fois moins de CO2 que le camion pour un transport comparable. Le contraste est là. Le mode est utile pour décarboner, mais il reste marginal et son activité a encore reculé de 10,2 % en 2023, à son plus bas niveau depuis 1997. Gennevilliers fait partie des endroits où cette contradiction devient concrète.
Le bilan carbone publié par HAROPA en mars ajoute une donnée plus rugueuse au discours vert. Sur l’axe Seine, l’écosystème du port a représenté 8,8 millions de tonnes de CO2 équivalent en 2023. Surtout, 92 % de ces émissions viennent des entreprises installées dans sa zone d’influence, 7 % des transports et 1 % des activités propres du port. Autrement dit, la transition ne se jouera pas seulement sur les quais. Elle dépend aussi des entrepôts, des motorisations, des flux de marchandises et des choix des industriels et logisticiens installés autour du site.
La journée du 25 avril dit donc quelque chose de plus large qu’un simple programme de visite. Le port s’ouvre parce qu’il doit mieux se faire comprendre dans un territoire dense, urbain et souvent réduit à ses nuisances vues de loin. Les visiteurs verront des barges, des quais et des entrepôts. Ils verront surtout qu’à Gennevilliers, le fleuve n’est pas une image de carte postale. C’est une infrastructure de travail, sous pression pour transporter davantage autrement que par camion, tout en prouvant qu’elle peut réduire son empreinte réelle.