Article

Procédures collectives dans le 92: ce que la nouvelle salve dit de la fragilité des petites entreprises

Cinq procédures collectives dans plusieurs communes du 92 éclairent la fragilité des petites entreprises, entre restauration, transport, bâtiment et conseil.

Illustration - petites entreprises du 92

Procédures collectives dans le 92: ce que la nouvelle salve dit de la fragilité des petites entreprises

Dans cette série de dossiers publiés mi-avril, les Hauts-de-Seine voient remonter cinq procédures sur des profils très ordinaires du tissu local: DLC VTC à Levallois-Perret, JBB à Boulogne-Billancourt, Axcelvalue Consulting à Saint-Cloud, Fra-Deco à Clamart et ITBS à Bagneux. Deux entreprises entrent en liquidation judiciaire, le VTC et le restaurant. Trois autres sortent par une clôture pour insuffisance d’actif, pour le cabinet de conseil et les deux entreprises de peinture-vitrerie. Ce n’est pas une histoire de grands groupes. C’est une histoire de petites structures qui lâchent.

Le point important est là: tout ne s’effondre pas d’un coup. Une clôture pour insuffisance d’actif marque la fin d’une entreprise déjà épuisée. Même les deux ouvertures de liquidation de JBB et de DLC VTC ont été prononcées le 7 avril, avec une cessation des paiements remontant au 8 octobre 2024. Autrement dit, le Bodacc ne montre pas seulement un choc de printemps. Il montre des trésoreries qui ont cédé depuis des mois et arrivent maintenant au terme de la procédure.

Les secteurs touchés ne relèvent pas du hasard. JBB est un restaurant traditionnel. DLC VTC relève du transport de voyageurs. Fra-Deco et ITBS sont dans la peinture et la vitrerie, et Axcelvalue Consulting dans le conseil. Or, en Île-de-France, les défaillances ont encore progressé en 2025 dans les services aux particuliers de 14,9 %, dans le transport et l’entreposage de 14,6 % et dans l’hébergement-restauration de 9,9 %. La construction a reculé de 7,6 %, mais elle représente encore à elle seule 20 % des défaillances régionales. La petite série du 92 colle donc assez bien aux zones de fragilité du moment.

Il faut pourtant éviter la lecture noire automatique. Les Hauts-de-Seine restent un département très créateur. Au troisième trimestre 2025, 8 979 entreprises y ont été créées, soit 8,8 % de plus qu’un an plus tôt. Sur douze mois glissants, 1 336 défaillances y ont été recensées, en baisse de 5,5 % sur un an. Mais la fin de 2025 a été plus rude pour les petites entreprises: le chiffre d’affaires des TPE et PME du département a reculé de 3,4 % sur un an au quatrième trimestre, soit le plus fort repli d’Île-de-France. Le vrai sujet est là. Le 92 continue à créer, mais les petites boîtes y absorbent mal une baisse durable de l’activité.

Le cadre national va dans le même sens. À fin février 2026, la Banque de France recensait 69 392 défaillances d’entreprises sur douze mois. Le niveau reste élevé, même si la hausse ralentit. Les Hauts-de-Seine ne sont donc ni un territoire protégé, ni un territoire à part. Ce qu’ils montrent ici est plus simple et plus utile: dans un département réputé solide, la fragilité passe souvent par des entreprises modestes, dans la restauration, le transport, le bâtiment ou le conseil, bien avant de devenir visible dans les grands indicateurs.