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Addictions dans les Hauts-de-Seine: le vrai enjeu, c’est d’entrer dans le bon circuit avant la casse

Dans les Hauts-de-Seine, le défi n’est pas seulement d’avoir des structures contre les addictions, mais de permettre une orientation simple et rapide, surtout pour les jeunes.

Illustration - aide face aux addictions

Addictions dans les Hauts-de-Seine: le vrai enjeu, c’est d’entrer dans le bon circuit avant la casse

Dans les Hauts-de-Seine, l’approche “à 360 degrés” de l’Agence régionale de santé ne crée pas un système neuf. Elle met enfin sur la même carte ce qui restait trop dispersé: alcool, tabac, psychotropes, jeux d’argent, protoxyde d’azote, avec des portes d’entrée sanitaires, sociales et jeunesse. La page dédiée au 92 aligne une dizaine de centres de soins en addictologie, des consultations pour les 12-25 ans et un centre de réduction des risques à Colombes. L’offre existe donc. Le point faible est plus simple et plus concret: savoir où entrer, et assez tôt.

Quand ça marche, c’est souvent par des lieux plus faciles à pousser qu’un service spécialisé. À La Garenne-Colombes, la Maison des adolescents reçoit gratuitement, anonymement, sans rendez-vous, et tient une consultation sur les conduites addictives un vendredi sur deux. À Nanterre, l’Espace santé jeunes accueille les 11-25 ans avec une consultation dédiée le jeudi matin. Ce sont ces sas qui comptent quand un parent s’inquiète, quand un lycéen commence à déraper ou quand un étudiant ne se reconnaît pas encore dans le mot “addiction”.

Cette lecture plus large n’a rien d’un caprice administratif. Au niveau national, l’Observatoire français des drogues estime que l’usage de cocaïne dans l’année concerne désormais 1,1 million de personnes en France et celui d’ecstasy-MDMA 750 000. Dans le même temps, plus de la moitié des 18-75 ans ont joué à un jeu d’argent en 2023. L’addictologie ne se résume plus à l’alcool et au tabac. Elle doit suivre des usages plus diffus, plus banalisés, parfois plus discrets.

Chez les jeunes, deux signaux imposent cette mise à jour. Le protoxyde d’azote d’abord. L’Agence régionale de santé parle d’une recrudescence inquiétante en Île-de-France, avec des complications graves, souvent neurologiques, et y consacre 200 000 euros d’actions ciblées. Les chiffres EnCLASS montrent que 5,8 % des lycéens avaient déjà expérimenté le proto en 2024. Les jeux d’argent ensuite. Selon l’Autorité nationale des jeux, 42,6 % des 15-17 ans ont joué dans l’année en 2025, 12,1 % le font chaque semaine, et la dépense médiane par session est montée de 6 à 10 euros. Dans un département dense, jeune, très scolarisé, ces sujets ne sont plus secondaires.

Le 360 degrés sera jugé là-dessus dans le 92. Pas sur la qualité du slogan, sur la vitesse du premier contact. Tant qu’il faut déjà connaître le système pour demander de l’aide, le réseau reste à moitié visible. Le jour où l’orientation devient évidente pour un adolescent, un parent ou un proche, l’approche globale cesse d’être une formule et devient enfin un service utile.