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Tram T1 vers Colombes : le projet sort du plan pour entrer dans la rue

Le prolongement du T1 vers Colombes est passé aux travaux préparatoires visibles, première étape concrète avant les aménagements plus lourds du corridor ouest.

Illustration d’un chantier de tram

À Colombes, le prolongement du T1 a changé de nature. Ce n’est plus seulement un projet affiché sur une carte. Île-de-France Mobilités le classe parmi les opérations en travaux et son calendrier distingue clairement deux temps : des travaux préparatoires entre 2018 et 2025, puis des travaux d’infrastructure à partir de 2026. Sur le terrain, cela se voit déjà avenue de Stalingrad, où des travaux d’assainissement ont démarré à la mi-janvier 2026 et doivent durer jusqu’à décembre 2027.

C’est souvent à ce stade qu’un tramway devient réel pour les habitants. Avant les rails, il faut reprendre la rue : réseaux souterrains, chaussée, carrefours, signalisation, accès aux immeubles, circulation des bus, place du vélo et des piétons. Le Cerema, l’établissement public qui travaille sur l’aménagement et les mobilités, rappelle que l’insertion d’un tramway se joue précisément dans cette cohabitation entre le transport et les autres usages de l’espace public. Le département, lui, fait une distinction utile : dans son rapport de développement durable 2025, il indique que des opérations préparatoires sont en cours sur T1 Colombes, mais qu’il ne comptera pas encore de “travaux” au sens de son indicateur avant 2028. Autrement dit, le chantier est bien lancé, mais la phase la plus lourde reste devant.

L’enjeu dépasse largement le simple ajout d’une ligne. Le projet Asnières-Colombes représente 6,4 kilomètres de prolongement, 11 nouvelles stations et 2 réaménagées. Il concerne un corridor de 200 000 habitants et 70 000 emplois. Dans un département où beaucoup de trajets restent compliqués dès qu’ils ne passent pas par Paris, ce type de liaison compte. Le T1 doit mieux relier entre eux des quartiers denses, la gare du Stade sur la ligne J et, plus loin, le T2 à Parc Pierre-Lagravère. La suite vers Nanterre et Rueil-Malmaison est encore en phase d’études, mais elle est déjà pensée comme le prolongement logique de ce maillon ouest, avec 7,5 kilomètres et 15 stations supplémentaires.

Le chantier promet aussi autre chose qu’un gain de desserte. Le site du projet met en avant des trottoirs élargis, des aménagements cyclables et plus de 600 arbres le long du tracé, dont plus de 610 annoncés à terme sur le territoire communal de Colombes. Cela ne supprimera pas les années de gêne, ni les arbitrages parfois sensibles sur le stationnement et la circulation. Mais cela dit quelque chose d’important sur les tramways actuels : ils ne servent pas seulement à transporter, ils refont aussi la rue. À Colombes, le T1 n’est pas encore en service. Il a déjà commencé à transformer l’espace public.