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Budget 2026: dans les Hauts-de-Seine, l’argent est encore là, la marge se rétrécit

Le budget 2026 maintient un haut niveau de dépenses sociales et d’investissement dans le 92, mais avec des recettes plus instables et une marge budgétaire plus étroite.

Illustration - hôtel du département et dossiers

Le budget 2026 des Hauts-de-Seine dit une chose simple: le département continue de dépenser, mais il choisit désormais sous pression.

Voté le 10 avril, il maintient 587 millions d’euros d’investissement et près de 1,7 milliard d’euros de fonctionnement. Le social reste le gros morceau, avec un peu plus de 1,05 milliard d’euros, tandis que 144 millions vont aux mobilités et 125 millions aux collèges. Le 92 ne coupe donc ni dans l’enfance, ni dans le handicap, ni dans les transports, ni dans les chantiers scolaires. Il tient encore son rang.

Le vrai sujet est ailleurs. Ce budget repose sur des recettes de plus en plus fragiles face à des dépenses de plus en plus rigides. Le département prévoit encore une hausse de ses dépenses sociales obligatoires en 2026, soit plusieurs dizaines de millions d’euros supplémentaires. Dans le même temps, il continue de supporter un lourd reste à charge sur trois aides majeures: le revenu de solidarité active, l’aide à l’autonomie des personnes âgées et la compensation du handicap. À cela s’ajoutent les mécanismes nationaux de redistribution entre départements. Le 92 reste riche, mais sa liberté budgétaire se rétrécit.

Ce n’est pas un cas isolé. Partout en France, les départements se heurtent au même problème: une partie de leurs recettes dépend d’une conjoncture instable, notamment du marché immobilier, alors que leurs dépenses sociales sont durables, lourdes et difficiles à comprimer. Même les collectivités les plus solides voient leurs marges se réduire quand les besoins sociaux montent plus vite que les compensations.

C’est pour cela que ce vote compte. Il ne raconte pas l’effondrement du 92. Il raconte la fin d’un confort. Les Hauts-de-Seine peuvent encore financer des collèges, des routes, des transports, des parcs et contenir leur endettement. Mais chaque poste devient plus disputé, parce que la facture sociale monte plus vite que les marges.

Le budget 2026 montre donc moins un département affaibli qu’un département obligé d’arbitrer pour de bon. L’argent est encore là. La facilité, non.