Le vrai signal n’était pas le salon Check! à La Défense. C’est ce qui s’organise derrière.
Jusqu’au début juillet, les Hauts-de-Seine déroulent avec ActivitY’ des sessions de découverte de métiers pour les allocataires du revenu de solidarité active, dans huit secteurs qui embauchent encore: transport, logistique, bâtiment, industrie, commerce, hôtellerie-restauration, fonctions administratives en entreprise, soin et petite enfance. En 2025, 55 sessions ont été organisées dans le département. Elles ont accueilli 551 participants. À ce stade, 93 sont entrés en formation et 34 ont repris un emploi. Les résultats restent étroits. Le cap, lui, est net: moins de parcours généraux, plus de voies dirigées vers des métiers précis.
Ce virage répond à une contradiction très locale. Les Hauts-de-Seine restent un département à faible chômage. Mais cela ne supprime ni les sorties de route, ni les vies bloquées, ni la distance entre les gens et les emplois disponibles. Depuis le 1er janvier 2025, les bénéficiaires du revenu de solidarité active sont automatiquement inscrits à France Travail et doivent signer un contrat d’engagement. Dans ce cadre, proposer encore des dispositifs sans débouché clair n’a plus beaucoup de sens.
Le numérique donne une idée assez nette de ce que le département cherche désormais à faire. ActivitY’ pousse une formation à Nanterre et Antony, ouverte même sans diplôme ni expérience dans le secteur, pour des postes liés aux centres de données, aux réseaux, à la fibre et aux systèmes de sécurité. C’est plus intelligent que la vieille promesse vague des “métiers du digital”. On ne vend pas un horizon abstrait. On branche des candidats sur des tâches identifiables, techniques, accessibles après formation, là où les employeurs cherchent déjà du monde.
Le transport suit la même logique, avec plus d’urgence encore. Le 19 mars, un job dating RATP à Courbevoie proposait plus de 250 offres d’emploi et de formation pour des postes de conduite, de contrôle, de maintenance et de systèmes embarqués. En parallèle, ActivitY’ a lancé une préparation réservée à des femmes pour le métier de conductrice de métro. Là aussi, le message est simple: il faut recruter vite, et il faut recruter plus large. Ce n’est pas un détail dans un secteur où les femmes restent très minoritaires.
Le bon angle n’est donc pas de savoir si le 92 “fait un effort” sur l’insertion. La vraie question est plus sèche: est-ce que ces filières raccourcissent réellement la distance entre quelqu’un qui galère et un employeur qui manque de bras.
C’est là-dessus que le département sera jugé. Pas au nombre d’événements, pas au volume des appels à projets, pas au vocabulaire des plaquettes. Au nombre de personnes qui, quelques mois plus tard, ont un contrat, un salaire et une place stable dans le marché du travail. Les chiffres de 2025 montrent que le passage reste serré. Au moins, la cible est désormais la bonne.