À Sèvres, le Jardin des métiers d’art et du design relance son appel à candidatures. Jusqu’au 29 mai à 18 heures, artisans d’art et designers peuvent postuler pour deux ateliers de 76 et 78 m², avec des baux d’un an renouvelables jusqu’à cinq ans. Le lieu propose aussi un atelier de fabrication, des espaces partagés et un accompagnement sur place.
Ce n’est pas seulement une information culturelle. Dans l’ouest parisien, où les surfaces de travail productif sont vite avalées par la pression immobilière, garder des ateliers pour des céramistes, selliers, graveurs ou designers relève déjà d’un choix économique. Installé dans l’ancienne école nationale de céramique de Sèvres, le JAD aligne 2 600 m² et une vingtaine d’ateliers. Son idée est simple: ne pas séparer la fabrication, l’expérimentation, l’exposition et les contacts professionnels.
Le sujet est plus solide qu’il n’y paraît. Les métiers d’art représentent en France 281 activités officiellement reconnues, près de 50 000 entreprises et plus de 60 000 emplois selon le ministère de la Culture. Ce secteur tient souvent sur des structures petites, des savoir-faire rares et un équilibre précaire entre local, outils et débouchés. C’est précisément là que le JAD essaie de se rendre utile.
Paris joue déjà cette carte. Les Ateliers de Paris hébergent et accompagnent 30 entreprises du design, de la mode et des métiers d’art en phase d’émergence. Les Hauts-de-Seine n’inventent donc pas un modèle sorti de nulle part. Ils essaient de ne pas laisser toute l’économie créative s’organiser ailleurs, avec une formule plus tournée vers l’atelier que vers l’incubation classique.
Deux ateliers ne vont pas changer seuls l’économie du 92. Mais ils posent une question nette. Un territoire veut-il seulement montrer le design, ou veut-il encore lui laisser un endroit où travailler, produire et durer. À Sèvres, la réponse passe au moins par des mètres carrés, des outils et du temps. Ce qui est déjà plus sérieux qu’un discours sur l’attractivité.