Vendredi 10 avril à 9h30, les élus des Hauts-de-Seine se réunissent en séance publique pour examiner le compte administratif 2025, le budget primitif 2026 et le rapport d’activité des services 2025. Le préfet présentera aussi le rapport d’activité des services de l’État. Derrière ce rendez-vous de calendrier, la vraie question est simple: jusqu’où le département peut-il continuer à financer en même temps la protection sociale et l’investissement local quand ses marges se resserrent.
Le sujet est très concret. Le département n’est pas un étage décoratif. C’est lui qui porte une large part de l’action sociale, qui a la charge des collèges et qui crée, aménage et entretient les routes départementales. Autrement dit, ce vote touche à la fois les familles les plus fragiles, les collégiens, les communes et le cadre de vie quotidien.
Le point de repère, c’est le budget 2025. L’an dernier, le département avait maintenu plus d’un milliard d’euros pour les solidarités, soit 62 % de ses dépenses de fonctionnement, tout en prévoyant 550 millions d’euros d’investissement. Dans ce bloc social, il affichait 243 millions pour la protection de l’enfance, 229 millions pour le handicap, 167 millions pour les personnes âgées et 203 millions pour le revenu de solidarité active. La séance du 10 avril dira si cette ligne tient encore en 2026 ou si le tri commence.
La pression, elle, ne vient pas de nulle part. Partout en France, les départements encaissent la hausse des dépenses sociales et la baisse des recettes liées aux ventes immobilières. Dans les Hauts-de-Seine, l’exécutif départemental disait au printemps 2025 avoir perdu 300 millions d’euros de ces recettes depuis 2022 et supporter encore environ 200 millions d’euros de reste à charge sur les grandes allocations sociales. Même pour un département riche, l’équation se durcit.
C’est ce qui rend cette séance plus intéressante qu’elle n’en a l’air. Les Hauts-de-Seine figurent parmi les départements les plus aisés du pays, mais cela n’efface ni les besoins sociaux ni les arbitrages. Un territoire riche n’échappe pas à la pression budgétaire. Il a simplement moins d’excuses quand il choisit où couper.
Vendredi, les documents diront donc quelque chose de très simple. Le compte administratif montrera ce qui a réellement été dépensé en 2025. Le budget 2026 dira ce que le département est encore capable d’assumer. Et le rapport d’activité dira l’écart entre les annonces et les réalisations. La bonne question n’est pas de savoir si le 92 reste ambitieux. Tous les budgets se disent ambitieux. La bonne question est de voir ce qu’il protège en premier quand l’argent se tend.