
Dimanche 1er novembre, peu de boutiques avaient levé leur rideau dans les rues commerçantes de Toulouse. La mairie avait pourtant autorisé cette journée de vente supplémentaire pour compenser les pertes causées par les manifestations d’octobre. Quatre jours plus tard, elle autorise trois autres ouvertures, les 8, 15 et 22 novembre.
Les conditions du premier essai étaient peu favorables. L’autorisation était arrivée le vendredi, trop tard pour organiser les équipes de nombreuses boutiques. Le dimanche tombait à la Toussaint, tandis que le marathon compliquait l’accès au centre-ville. Rue Cujas, Marie Mignonac, gérante de la bagagerie Combo, avait choisi d’ouvrir malgré tout. Elle constatait que les clients venant de l’extérieur de Toulouse risquaient de renoncer au déplacement.
Rue Saint-Rome, même les magasins habitués à travailler le dimanche ont souffert d’une fréquentation réduite, selon les témoignages recueillis par La Dépêche du Midi. Les coureurs et les spectateurs du marathon apportaient du passage, mais pas nécessairement des acheteurs. Et quand la plupart des rideaux restent baissés, les quelques boutiques ouvertes ont du mal à attirer des clients venus spécialement faire leurs achats.
Trois dimanches de plus, mais pas pour tous
Les commerçants ont pourtant de bonnes raisons de vouloir récupérer ces journées. Selon les estimations de la CCI de Haute-Garonne rapportées par La Dépêche, le chiffre d’affaires des commerçants concernés avait reculé d’environ 30 % lors du samedi 17 octobre, puis de près de 40 % le 24 octobre, sur fond de manifestations et de violences. Certaines vitrines ont été protégées par des panneaux de bois ; plusieurs magasins endommagés étaient encore fermés début novembre.
La décision annoncée le 4 novembre par Jean-Luc Moudenc répond à une demande des représentants du commerce. Cette fois, les boutiques disposent de plusieurs jours pour s’organiser et de trois dates successives avant le début des ouvertures dominicales déjà prévues pour les fêtes, à partir du 29 novembre.
Rue de Metz, une commerçante qui avait renoncé à ouvrir le 1er novembre faute de préparation compte désormais profiter des nouvelles dates. D’autres hésitent toujours. Alain Alter, de la boutique Soulery, estime que les frais de personnel et les contraintes d’organisation ne justifient pas trois dimanches supplémentaires. Chez Midica, Olivier Garrigou évoque aussi la fatigue des équipes après plusieurs samedis de manifestations et de fréquentation réduite.
L’ouverture reste facultative. Les salariés concernés doivent être volontaires et bénéficier d’une majoration de salaire ainsi que d’un repos compensateur.
Le précédent du 1er novembre ne condamne pas les trois prochains dimanches : le marathon, la Toussaint et l’annonce tardive ont compliqué l’expérience. Mais cette journée a montré qu’autoriser une boutique à ouvrir ne suffit pas à faire venir des clients. Certains commerçants évoquent l’idée d’une braderie pour donner aux Toulousains une raison supplémentaire de revenir faire leurs achats dans le centre.
Dimanche 8 novembre, rue Saint-Rome et rue Alsace-Lorraine, on pourra déjà voir combien de commerçants auront choisi de lever leur rideau.
Sources consultées
- Mairie de ToulouseOuverture exceptionnelle des commerces les 8, 15 et 22 novembre
- La Dépêche du MidiÀ Toulouse malgré le marathon, des commerçants tentent l'ouverture dominicale pour compenser les pertes
- Mairie de ToulouseHarmonie Mutuelle - Toulouse Métropole Run Experience
- La Dépêche du MidiÉtranglés par les pertes liées aux manifestations à répétition, les commerçants de Toulouse pourront ouvrir tous les dimanches de novembre, mais certains s'y refusent
- La Dépêche du MidiManifestation du 31 octobre à Toulouse : la mairie autorise l'ouverture des commerces ce dimanche pour compenser les pertes
- Mairie de ToulouseOuverture des commerces le dimanche