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À Toulouse, ils ont inventé un festival pour être tristes ensemble

Du 29 octobre au 4 novembre à Toulouse, le Déprestival mêle humour noir, cafés mortels et karaoké triste. Une invention des associations de Saouzelong pour vivre le chagrin ensemble.

Illustration - Café toulousain et chagrin collectif

À Toulouse, on pourra bientôt discuter de ses propres obsèques autour d’un café, se présenter sous son plus mauvais jour lors d’un speed-dating et chanter à un karaoké triste. Du 29 octobre au 4 novembre, l’Astronef, café culturel du quartier de Saouzelong, accueille le Déprestival « Pur Chagrin ». Derrière ce programme délicieusement déprimant, une idée née à l’étage.

Au-dessus du café, l’Envolée rassemble plusieurs associations. Au départ, elles échangeaient sur les différentes manières de vivre le chagrin.

Une idée née de conversations entre associations

Pierre Susin, cogérant de l’Astronef, raconte à La Dépêche du Midi que les discussions ont notamment porté sur les façons de vivre le deuil en Amérique du Sud et en France. Selon lui, les participants opposaient certaines pratiques collectives sud-américaines à une peine plus souvent vécue dans l’intimité en France.

Les associations ont d’abord tenté une journée. Le public a suivi, et le Déprestival s’est étendu à une semaine. Il en est aujourd’hui à sa quatrième édition. L’an dernier, le programme accueillait notamment un documentaire consacré à un rituel de deuil chez les Alukus de Guyane.

Plutôt que de demander aux gens d’aller mieux, on leur propose de faire quelque chose ensemble, même quand tout va mal.

Le vendredi 30 octobre, l’association La Neuvième Planète organisera ainsi un « café mortel ». Autour d’un verre ou d’un chocolat chaud, on pourra discuter de la mort, des rites funéraires, de ceux qui nous manquent. Sans conférence ni obligation de se confier : écouter suffit. L’association assurera également plusieurs permanences pour répondre aux questions pratiques sur les obsèques, les choix possibles et les obligations légales.

Le festival ne se limite pas aux peines personnelles. Dès le jeudi, le psychanalyste Marie-Jean Sauret abordera l’angoisse et l’exil, avant une projection de courts métrages des Vidéophages consacrés aux injustices du monde.

Quand les associations se moquent de leurs propres métiers

Les collectifs de l’Envolée savent aussi se moquer de leurs activités habituelles.

Le mardi 3 novembre, ESTOC, qui accompagne habituellement les porteurs de projets, expliquera comment faire échouer un projet. Le Bruit de la Conversation, collectif spécialisé dans l’expérimentation urbaine, invitera le public à imaginer le meilleur des pires projets pour une tour fictive baptisée Occitanus.

Les Étonnés, association qui anime la vie collective du quartier, organiseront de leur côté un speed-dating triste où les participants devront se présenter sous leur plus mauvais jour.

Cette inventivité déborde aussi du café. Le samedi 31 octobre, les familles fabriqueront des masques calaveras, inspirés de la fête des morts mexicaine, avant de parcourir Saouzelong avec les bénévoles. Le lendemain, les convives de la cantine solidaire pourront pleurer ensemble en épluchant des oignons. Un spectacle sur la perte, l’empathie et l’amitié sera également proposé aux enfants dès 3 ans.

Six journées pour participer

Le Déprestival se déroule au café l’Astronef, 3 place des Avions à Toulouse, les 29, 30 et 31 octobre, puis les 1er, 3 et 4 novembre. Le lieu est accessible par le métro B, stations Saouzelong ou Rangueil.

Parmi les activités nécessitant une inscription, l’atelier d’écriture animé par Valérie Reich le vendredi 30 octobre, de 10 h à 12 h, coûte 15 €, ou 10 € au tarif solidaire. On peut s’inscrire directement par courriel. Les conditions d’accès ne sont pas précisées pour tous les autres rendez-vous.

Le mercredi 4 novembre, à partir de 18 h 30, DJ Chagrin ouvrira la grande cérémonie du chagrin. Au programme : textes écrits pendant la semaine, quiz, tombola des cœurs brisés et, pour finir, un karaoké triste.

Sources consultées
  1. Café l'AstronefDeprestival : Jour 2
  2. Café l'AstronefDeprestival : Jour 3
  3. Café l'AstronefDeprestival : Jour 5
  4. Café l'AstronefDeprestival : Jour 6
  5. Café l'AstronefL'Envolée, espace collectif
  6. La Dépêche du MidiKaraoké triste, grande cérémonie du chagrin et speed-dating de l'angoisse : le Déprestival fait de la tristesse un événement insolite à Toulouse