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Fibre Excellence à Saint-Gaudens : aucune offre de reprise, 270 salariés menacés de licenciement

À Saint-Gaudens, aucune offre ferme de reprise pour Fibre Excellence au 22 octobre. Les 270 salariés risquent de perdre leur emploi malgré un projet portugais à 200 millions d’euros.

Illustration - Usine papetière de Saint-Gaudens

À Saint-Gaudens, aucune offre ferme de reprise de Fibre Excellence n’a été déposée avant la date limite du jeudi 22 octobre. Pour les quelque 270 salariés de l’usine de pâte à papier, une procédure de licenciement se profile, alors qu’un industriel portugais défend toujours un projet de relance estimé à 200 millions d’euros.

L’entreprise est déjà en liquidation judiciaire depuis le 30 juillet, mais le tribunal de commerce de Toulouse avait autorisé une poursuite temporaire de son activité, prolongée jusqu’au 15 décembre. Ce sursis devait permettre aux candidats de finaliser une offre. Mais aucune offre ferme n’a été déposée dans le délai accordé.

Un repreneur toujours intéressé, mais sans offre ferme

Selon la CGT, trois courriers ont été transmis au tribunal : l’un de l’État, un autre de la Région Occitanie et le troisième du groupe portugais Ghost. Celui-ci réaffirme son intérêt pour l’usine, mais n’a pas achevé son dossier industriel et financier.

Ces courriers ne constituent pas une offre de reprise que les juges pourraient accepter.

Le groupe Ghost évoque pourtant 200 millions d’euros d’investissements à terme, avec une relance de la production de pâte à papier sous douze mois et de nouvelles activités de transformation sur place. La Région Occitanie continue de soutenir ce projet, dont le financement et le calendrier restent à concrétiser.

En septembre, la Région avait annoncé 3,5 millions d’euros pour la poursuite de l’activité, tandis que l’État s’était engagé sur un prêt pouvant atteindre 2 millions d’euros.

Sauver l’usine après le départ possible des salariés

Pour les salariés, les licenciements pourraient intervenir avant toute reprise industrielle. La CGT anticipe désormais des licenciements économiques et souhaite organiser une période de transition grâce au contrat de sécurisation professionnelle (CSP).

Ce dispositif permet aux salariés licenciés de bénéficier d’un accompagnement vers l’emploi, de formations et d’une indemnisation. L’objectif défendu par le syndicat est de conserver les compétences nécessaires à un éventuel redémarrage de l’usine. Il ne garantit toutefois pas une réembauche.

Il faudra aussi préserver les installations. Dans une liquidation judiciaire, les liquidateurs ont la responsabilité des actifs de l’entreprise, qui peuvent être cédés ensemble ou séparément. Nicolas Bruel, représentant CGT interrogé par La Dépêche du Midi, affirme qu’ils sont disposés à laisser du temps au porteur de projet pour éviter le démantèlement des machines.

Après la liquidation du site de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, Saint-Gaudens est le dernier site français de production de pâte à papier de Fibre Excellence.

Le tribunal doit réexaminer le dossier le 3 novembre. Le projet portugais pourrait encore permettre de relancer la production, mais sans offre ferme, rien ne garantit que les salariés retrouveront leur place dans l’usine où ils travaillent aujourd’hui.

Sources consultées
  1. Tribunal de commerce de ToulouseJugement du 15 septembre 2026, n° 2026014635
  2. Tribunal de commerce de Toulouse / BODACCJugement de conversion en liquidation judiciaire du 30 juillet 2026, annonce A202601551866
  3. Région OccitanieCarole Delga : Ces trois mois supplémentaires sont une nouvelle bataille gagnée pour l'avenir de Fibre Excellence
  4. Agence France-Presse / Bourse DirectFibre Excellence : pas d'offre de reprise déposée mais un repreneur portugais sur les rangs
  5. La Dépêche du MidiLiquidation judiciaire inévitable pour l'usine de Saint-Gaudens malgré le projet de reprise à 200 millions d'euros du groupe Ghost
  6. Service-Public.frContrat de sécurisation professionnelle (CSP)