Article

À Merville, des bénévoles vont restaurer une mare que la Garonne ne renouvelle plus

Les 21 et 22 octobre, des bénévoles restaurent une mare à Merville. Dans ce méandre marqué par les gravières, certains habitats ne se renouvellent plus naturellement.

Illustration - Mare alluviale au bord de la Garonne

Au Ramier de Bigorre, à Merville, des bénévoles vont consacrer deux journées, les 21 et 22 octobre, à la restauration d’une mare. La Garonne ne renouvelle plus suffisamment certains milieux humides qu’elle façonnait autrefois.

Certaines mares alluviales occupent d’anciens bras du fleuve, d’autres des dépressions laissées par l’extraction de graviers. Alimentées par la nappe souterraine ou les crues, elles offrent notamment aux amphibiens et aux libellules des lieux de reproduction.

Mais une mare vieillit. Les sédiments s’accumulent, les végétaux progressent, l’eau libre recule. Les mouvements naturels du fleuve contribuaient autrefois à renouveler ces milieux. Aujourd’hui, cette dynamique est devenue insuffisante.

Un paysage transformé par les gravières

À Merville, cette évolution porte aussi la marque de l’histoire industrielle de la Garonne.

Entre 1983 et 1987, l’extraction de graviers a profondément modifié le secteur. Le bras médian du Ramier de Bigorre a notamment été redressé et transformé en chenal. Ces interventions, associées à l’enfoncement du lit du fleuve, freinent la formation de nouveaux habitats alluviaux et accélèrent le comblement des anciens bras.

Depuis 1987, Nature en Occitanie, alors Nature Midi-Pyrénées, assure la gestion de ce site de 33 hectares, situé dans un méandre en rive gauche de la Garonne.

Le Ramier reste ouvert aux promeneurs. Sous les arbres, le paysage alterne plages de galets, boisements humides, prairies et anciens bras du fleuve. Cette diversité lui vaut notamment une protection par arrêté préfectoral de protection de biotope.

Deux jours de travail à la main

Pour entretenir cette mare, Nature en Occitanie fait appel à des bénévoles. Les interventions seront réalisées à la main, en fonction de l’état du site.

Selon le plan de gestion, restaurer ces petites zones d’eau peut nécessiter de couper de jeunes arbustes, d’élaguer pour laisser passer la lumière, de retirer du bois accumulé ou d’enlever une partie des sédiments. Le détail des opérations retenues pour ces deux journées n’a pas été publié.

Ces travaux sont prévus entre septembre et février pour limiter les perturbations de la faune. Le plan prévoit ensuite de suivre la végétation aquatique, les amphibiens et les libellules afin d’évaluer les effets des interventions.

Le chantier relève d’un plan de gestion financé par l’Agence de l’eau Adour-Garonne et le Département de la Haute-Garonne.

Les bénévoles sont attendus mercredi 21 et jeudi 22 octobre, de 9 h 30 à 17 h. La participation est gratuite, pour une ou deux journées, sur inscription. L’association propose un formulaire pour participer au chantier, mais la disponibilité des places n’est pas confirmée. Les personnes intéressées peuvent également contacter Soline Hahn, de Nature en Occitanie, à l’adresse s.hahn@natureo.org. Il faut prévoir bottes étanches, vêtements adaptés à la météo, repas et eau.

Au Ramier de Bigorre, ces deux journées de travail à la main doivent aider la mare à conserver ses habitats aquatiques, notamment pour les amphibiens et les libellules.

Sources consultées
  1. Nature en OccitanieChantier participatif « Restauration d'une mare »
  2. Nature en OccitaniePlan de gestion de six zones humides alluviales de la Garonne 2023-2027, fiches actions AC02 et AC03
  3. Nature en OccitanieLes zones humides alluviales du corridor garonnais
  4. Conseil départemental de la Haute-GaronneLe Conservatoire départemental des zones humides de la Haute-Garonne