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À Sainte-Foy-d'Aigrefeuille, sauver le lac impose de détourner la Saune

Né des travaux de la rocade toulousaine, le lac du Val de Saune s'envase. Le sauver exige de dévier la rivière, pour un chantier estimé jusqu'à 4,5 millions d'euros.

Illustration - lac séparé de sa rivière

À Sainte-Foy-d’Aigrefeuille, au sud-est de Toulouse, le lac du Val de Saune doit être séparé de la rivière qui le traverse. La Saune y dépose depuis quarante ans des sédiments qui finissent par le combler. Pour préserver le plan d’eau, il ne suffit donc pas de le curer : il faut changer le parcours de la rivière.

Présenté aux habitants le 8 octobre, le projet prévoit de recréer près de 500 mètres de cours d’eau, de retirer 62 000 m³ de sédiments et d’aménager deux hectares de zones humides. Autorisé par arrêté préfectoral le 11 mai 2026, il doit entrer dans sa phase principale en 2027. Son coût est estimé jusqu’à 4,5 millions d’euros dans la fourchette haute présentée le 8 octobre, selon La Dépêche du Midi.

Un lac né de la construction de la rocade

En 1985, la rocade Est de Toulouse est en construction. Le maire de Sainte-Foy-d’Aigrefeuille, Pierre Sicre, a l’idée de creuser un lac et de fournir les terres extraites pour les remblais routiers. Le village, qui compte alors environ 400 habitants, gagne un plan d’eau de 5,8 hectares.

L’endroit devient un lieu de promenade, de pêche et d’observation des oiseaux. Mais le lac a été creusé directement dans le lit de la Saune. Le courant y ralentit, abandonne une partie des matériaux qu’il transporte et contribue progressivement à l’envasement du lac.

Le Syndicat du Bassin Hers Girou (SBHG) constate aussi une dégradation de la qualité de l’eau de la Saune en aval. La faible profondeur du lac favorise son réchauffement.

Un curage isolé ne ferait que repousser le problème : les sédiments reviendraient avec la rivière.

Conserver le lac, quitte à le redessiner

Une étude réalisée dès 2014 envisageait deux solutions : supprimer le plan d’eau pour transformer le site en espace paysager, ou détourner la Saune tout en restaurant le lac. Le bureau d’études privilégiait déjà la seconde.

C’est cette voie qui a été retenue. Un nouveau lit sinueux, bordé de végétation, permettra à la Saune de contourner le plan d’eau. Celui-ci conservera une alimentation contrôlée depuis la rivière, principalement lorsque les débits sont suffisants. En période de basses eaux, la priorité sera donnée au maintien de l’écoulement de la Saune.

Les berges seront également remodelées. L’avant-projet de 2022 prévoyait un lac restauré d’environ quatre hectares, avec une profondeur de 1,5 à 2 mètres. L’objectif n’est donc pas de reproduire exactement le plan d’eau de 1985, mais de lui donner un fonctionnement plus durable.

La séparation doit aussi améliorer la qualité de l’eau de la Saune en aval. C’est pourquoi l’opération dépasse le seul entretien d’un espace de loisirs communal.

De 2025 à 2028, un calendrier revu

En mars 2023, la mairie annonçait encore un chantier en 2024, une réception en 2025 et un coût estimé à 3 millions d’euros avant subventions.

Entre-temps, le SBHG a poursuivi les études hydrauliques, géotechniques et environnementales, notamment sur les sédiments et les espèces présentes. Le dossier a nécessité des acquisitions foncières et une autorisation environnementale, finalement obtenue en mai 2026.

Le calendrier présenté en octobre prévoit désormais un achèvement fin 2028. Selon La Dépêche du Midi, qui rapporte les chiffres communiqués lors de la réunion publique, le maître d’ouvrage estime le coût global, études et travaux compris, à 4,5 millions d’euros dans sa fourchette haute. Les documents publics consultés ne détaillent pas les raisons de l’écart avec l’estimation de 2023.

Le financement serait partagé entre le syndicat et la commune, avec des subventions permettant de ramener la charge communale à environ un million d’euros, toujours selon les informations présentées en octobre.

La commune a choisi de conserver le lac plutôt que de le laisser disparaître. Pour elle, l’investissement est considérable. Mais il traite la cause de l’envasement tout en restaurant le cours d’eau, là où un simple curage aurait imposé de recommencer.

Le marché de travaux lancé par le SBHG s’est clôturé le 9 octobre, sans attribution encore confirmée. Les premières interventions préparatoires sont annoncées pour la fin de 2026. À Sainte-Foy-d’Aigrefeuille, préserver le lac passe désormais par un nouveau lit pour la Saune.

Sources consultées
  1. Mairie de Sainte-Foy-d'AigrefeuilleFeu vert pour la restauration du lac, 19 juin 2026
  2. Mairie de Sainte-Foy-d'AigrefeuilleLa Feuille de Sainte-Foy, n° 128, mars 2023
  3. Mairie de Sainte-Foy-d'Aigrefeuille et Syndicat du Bassin Hers GirouRestauration de la Saune et du lac, présentation publique du 27 octobre 2022
  4. Mairie de Sainte-Foy-d'AigrefeuilleBulletin municipal n° 2, août 2019
  5. Syndicat du Bassin Hers GirouÉtudes de projet pour la restauration de la Saune et du lac à Sainte-Foy-d'Aigrefeuille
  6. La Dépêche du MidiPour sauver le lac de Sainte-Foy en Haute-Garonne, il faut le séparer de la rivière Saune, 14 octobre 2026