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À Saint-Élix-le-Château, des panneaux solaires flottent sur une ancienne gravière

Inaugurée le 15 octobre, une centrale solaire de 15,4 MWc occupe le lac et les terrains d'une ancienne gravière de Haute-Garonne, en composant avec les usages et la biodiversité.

Illustration - Panneaux solaires flottant sur une gravière

À Saint-Élix-le-Château, au sud de Toulouse, une ancienne gravière est devenue une centrale solaire. Des milliers de panneaux flottent sur le lac laissé par l’extraction des granulats, tandis que d’autres occupent les terrains remblayés. Inaugurée jeudi 15 octobre par Solveo Energies, l’installation produit déjà de l’électricité depuis début septembre.

Les panneaux exploitent ainsi deux surfaces très différentes d’un même site, sans mobiliser de terres agricoles supplémentaires. Sur les 15,4 mégawatts-crête (MWc) installés, 11,3 MWc proviennent des panneaux flottants et 4,1 MWc des panneaux au sol. L’entreprise, basée à Fenouillet, prévoit une production annuelle de 18,8 gigawattheures (GWh), l’équivalent de la consommation électrique d’environ 4 400 foyers.

Mais installer une centrale sur un lac impose des contraintes inhabituelles. Les structures flottantes doivent rester en position malgré le vent et les variations du niveau d’eau. À Saint-Élix, les panneaux sont ancrés jusqu’à 17 mètres de profondeur. Autre particularité : 38 onduleurs, qui convertissent le courant continu des panneaux en courant alternatif, ont été installés directement sur l’eau. L’électricité rejoint ensuite le poste source de Carbonne par une liaison de 8,12 kilomètres.

Le lac n’était pourtant pas une surface abandonnée et sans usage.

Avant le projet, il accueillait notamment une activité quotidienne de jet-ski, selon Solveo. Et la gravière, bien qu’artificielle, abritait aussi des espèces à protéger. Le rapport de présentation du plan local d’urbanisme de 2022 décrit une réduction de l’emprise initiale au nord-ouest pour préserver une zone de nidification de l’Œdicnème criard, un oiseau des milieux ouverts. Il prévoit également de conserver la végétation des berges et de maintenir les panneaux à au moins 20 mètres du rivage.

À Cintegabelle, également en Haute-Garonne, Akuo exploite depuis 2023 une centrale flottante de 8,7 MWc sur le lac du Cap Vert, lui aussi issu d’une gravière. La pêche récréative y a été maintenue. Saint-Élix n’invente donc pas le solaire flottant dans le département, mais dispose désormais de 11,3 MWc sur l’eau, auxquels s’ajoutent 4,1 MWc à terre.

Les panneaux modifient aussi les conditions de vie sous la surface. Une étude scientifique publiée en 2025 avec le soutien de l’Ademe a examiné quinze lacs de gravières en Haute-Garonne et en Ariège, dont quatre équipés de centrales flottantes. Sur les sites équipés, après deux à trois ans, les chercheurs ont notamment observé un refroidissement moyen de l’eau de 1,2 °C, mais des effets limités ou non significatifs sur la biodiversité étudiée.

Dans les expérimentations menées pour cette étude, les modifications écologiques étaient plus marquées lorsque les panneaux couvraient plus de 45 % de la surface. À Saint-Élix, la part du lac effectivement couverte n’est pas précisée dans les dernières communications du producteur, ce qui empêche de transposer directement ces résultats au site.

À Saint-Élix, l’électricité est désormais injectée dans le réseau depuis l’ancienne gravière. Sous les structures flottantes, le lac reste un habitat, pas seulement un support pour les panneaux.

Sources consultées
  1. Solveo EnergiesSolveo Energies inaugure sa première centrale flottante à Saint-Elix-le-Château
  2. Commune de Saint-Élix-le-ChâteauPlan local d'urbanisme, rapport de présentation, résumé non technique, novembre 2022
  3. AkuoAkuo accélère sur le solaire flottant, en mettant en service la centrale solaire flottante de Cintegabelle en Haute-Garonne
  4. Ademe, CRBE et LEHNAImpacts écologiques des centrales photovoltaïques flottantes