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Alzheimer : Toulouse teste une thérapie cellulaire chez des patients

Trois patients ont reçu à Toulouse 50 millions de cellules mésenchymateuses. L’essai A3D teste d’abord leur sécurité avant une éventuelle hausse de dose.

Illustration - thérapie cellulaire à Toulouse

Trois patients atteints de la maladie d’Alzheimer ont reçu à Toulouse une injection de cellules mésenchymateuses issues du tissu adipeux d’un donneur sain. Avec ces premières injections, l’essai A3D franchit une étape différente de son autorisation obtenue en 2025 : le produit cellulaire est désormais testé chez des patients.

Pour atteindre ce stade, Toulouse réunit plusieurs maillons de la chaîne. Le CHU porte l’essai et accueille les patients. L’entreprise toulousaine Cell-Easy produit CellREADY, les cellules utilisées dans l’étude, à partir d’un procédé destiné à obtenir des lots standardisés de qualité clinique. Produire un médicament constitué de cellules vivantes suppose notamment de maîtriser la production, le contrôle qualité et la reproductibilité des lots.

A3D reste pourtant un essai de petite taille. Le registre européen prévoit neuf participants à Toulouse. Les trois premiers ont reçu 50 millions de cellules par voie intraveineuse. Ils seront suivis pendant six mois ; si l’analyse de sécurité ne fait pas apparaître d’effet indésirable cliniquement significatif lié au traitement, trois nouveaux patients pourront recevoir 100 millions de cellules. Les personnes incluses ont entre 50 et 85 ans et présentent une maladie d’Alzheimer à un stade léger à modéré.

Le protocole situe clairement où en est la recherche. A3D est ouvert, non randomisé, et son critère principal est la survenue d’effets indésirables liés au traitement. L’essai mesure aussi des marqueurs de l’inflammation et observe par IRM et TEP l’évolution de paramètres cérébraux, dont la charge amyloïde. Avec neuf participants au maximum et sans comparaison avec un placebo, ces premières données pourront guider la suite du développement, pas établir à elles seules que les cellules ralentissent la maladie.

La piste diffère de celle des anticorps anti-amyloïdes comme le lecanemab et le donanemab, déjà autorisés dans l’Union européenne pour certaines personnes atteintes d’une forme précoce d’Alzheimer. À Toulouse, les chercheurs explorent notamment les propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires des cellules mésenchymateuses, tout en suivant leur éventuel effet sur les marqueurs associés à la maladie.

Le jalon franchi est donc clinique et industriel, pas thérapeutique : un produit cellulaire fabriqué à Toulouse est désormais administré à des patients dans un cadre réglementé. La prochaine étape est déjà fixée par le protocole : six mois après les premières injections, leur tolérance décidera si l’équipe peut passer de 50 à 100 millions de cellules.

Sources consultées
  1. CHU de ToulouseMaladie d’Alzheimer : lancement d’un essai thérapeutique unique en Europe
  2. Clinical Trials Information SystemAllogeneic adipose tissue derived-stem cells in Alzheimer disease – 2022-502846-28-00
  3. ClinicalTrials.govAllogeneic Adipose Tissue Derived-stem Cells in Alzheimer Disease (A3D) – NCT07367815
  4. Cell-EasyCellReady: Our roots in Cell Therapy
  5. European Medicines AgencyLeqembi