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Grenade-Ondes : le projet de carrière retiré, l’après-Verdun reste à trouver

Les Graviers Garonnais ont retiré leur projet de carrière près d’Ondes. Son retrait laisse ouverte la question de l’approvisionnement de l’usine après Verdun.

Illustration - Carrière et convoyeurs près d’Ondes

Les Graviers Garonnais ont retiré le 25 août leur demande d’autorisation environnementale pour une nouvelle carrière entre Grenade et Ondes, a confirmé la préfecture de Haute-Garonne. Aucun motif n’a été rendu public.

Le projet devait surtout préparer l’après-Verdun-sur-Garonne. Cette carrière, qui alimente aujourd’hui l’usine de traitement d’Ondes, reste administrativement autorisée jusqu’en 2030. Mais la commission d’enquête estime que son gisement ne permettra plus d’approvisionner normalement l’usine au-delà de 2027.

Grenade-Ondes devait prendre le relais presque au pied des installations existantes. Le projet couvrait 26,2 hectares, dont 22,3 exploitables, avec environ 1,2 million de tonnes de granulats à extraire. Les Graviers Garonnais prévoyaient une production moyenne de 150 000 tonnes par an pendant huit à dix ans.

La proximité avait un avantage simple : éviter de faire voyager la matière première avant même son traitement. Les granulats auraient rejoint l’usine d’Ondes par convoyeurs électriques. La commission d’enquête estimait que ce dispositif pouvait éviter 30 à 48 trajets de poids lourds par jour liés au transport des graves jusqu’au site.

Mais cette solution courte avait son autre face. Le projet s’inscrivait dans la plaine alluviale de la Garonne, près de secteurs Natura 2000 et d’habitations. L’autorité environnementale avait demandé des justifications supplémentaires sur les effets du projet sur l’eau, la biodiversité, le risque d’inondation et le choix même de l’implantation. Lors de la consultation, 61,7 % des 238 contributions numériques enregistrées étaient défavorables.

Le retrait met fin à cette procédure, pas au besoin qu’elle devait couvrir. L’usine d’Ondes dispose de sa propre autorisation d’exploitation et ne ferme pas avec le retrait de la demande. En 2024, l’entreprise déclarait y avoir commercialisé 360 000 tonnes de matériaux naturels et 33 000 tonnes de matériaux recyclés. Aucun nouveau scénario d’approvisionnement n’a pour l’instant été annoncé publiquement.

Le schéma régional des carrières décrit par ailleurs le bassin toulousain comme déficitaire en granulats et estime sa consommation à environ 8,36 millions de tonnes en 2031. Il prévoit de développer le recyclage, mais le territoire dépend encore de carrières locales et d’apports venus d’autres bassins, avec davantage de transport à mesure que la ressource s’éloigne.

À Grenade et Ondes, le compromis proposé était donc assez lisible : extraire près de l’usine pour réduire les transports, au prix d’une nouvelle emprise dans une plaine alluviale sensible. Cette solution n’est plus engagée sous cette forme. À Ondes, l’usine reste en place. Ce qui n’est pas encore annoncé, c’est d’où viendront les granulats qui l’alimenteront après Verdun.

Sources consultées
  1. Préfecture de la Haute-GaronneConsultation du public - société Graviers Garonnais à Grenade et Ondes
  2. Commission d’enquêteRapport et conclusions sur la demande d’ouverture d’une carrière à Grenade et Ondes
  3. Mission régionale d’autorité environnementale OccitanieAvis sur le projet d’ouverture d’une carrière alluvionnaire à Grenade et Ondes
  4. DREAL OccitanieSchéma régional des carrières d’Occitanie et données sur le bassin toulousain