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Commotions : à Toulouse, un casque infrarouge face au casque témoin

Un essai doit inclure cet automne une trentaine de sportifs à Toulouse et Lyon. À Toulouse, il s’appuie sur une expertise ancienne de la récupération après commotion.

Casque lumineux pour commotions sportives

À Toulouse, un casque équipé de LED proches de l’infrarouge va être testé chez des sportifs dont les symptômes persistent après une commotion. Le Fonds Clinatec annonce pour cet automne un essai mené avec Lyon auprès d’une trentaine de participants. L’objectif est de savoir si la photobiomodulation transcrânienne peut réellement accélérer leur récupération.

Toulouse n’est pas seulement l’un des lieux où poser le casque. La Clinique universitaire du sport et l’unité Inserm ToNIC travaillent depuis des années sur une difficulté qui précède même la question du traitement : comment savoir qu’un cerveau commotionné a récupéré ? Dans l’étude Rugby.com, des rugbymen ont été suivis par IRM fonctionnelle et tests neuropsychologiques après leur commotion, après disparition des symptômes puis trois mois plus tard. Les résultats définitifs présentés en 2024 n’ont pas retrouvé de différence de connectivité sur les réseaux cérébraux étudiés entre 24 joueurs commotionnés et 19 sportifs témoins. Mesurer objectivement une récupération légère reste donc difficile.

Le nouveau casque aborde le problème par un autre angle. La photobiomodulation expose les tissus à une lumière rouge ou proche infrarouge, étudiée pour ses effets possibles sur le métabolisme cellulaire. La piste est explorée dans plusieurs atteintes neurologiques, mais elle n’a pas encore produit de traitement établi de la commotion.

En 2024, une étude randomisée en double aveugle chez 48 personnes souffrant de symptômes persistants après commotion n’a montré aucun bénéfice significatif de la photobiomodulation par rapport au placebo après six semaines.

L’essai français RECOVERY, publié en 2026, a de son côté traité 50 sportifs dans les 72 heures suivant une commotion avec un dispositif combinant photobiomodulation et champ magnétique statique. Les deux réglages testés ont été bien tolérés, mais l’étude ne comportait aucun groupe placebo. Ses auteurs précisent eux-mêmes que ses résultats secondaires ne permettent donc pas de conclure à une efficacité.

Dans le protocole annoncé pour Toulouse et Lyon, la présence d’un casque passif doit permettre une comparaison avec le dispositif actif. David Brauge, neurochirurgien toulousain rattaché à ToNIC et présenté comme l’un des investigateurs avec Romain Loursac, indique à L’Équipe que deux groupes sont prévus : l’un utilisera le casque actif, l’autre le casque passif. Le registre ou le protocole complet de cette nouvelle étude n’est pas encore publiquement accessible, ce qui ne permet pas de vérifier son critère principal ni ses modalités précises de répartition entre les deux villes.

Le casque reste donc une hypothèse thérapeutique, pas un traitement. Mais l’étape toulousaine est bien réelle : tester le dispositif chez des sportifs dont les symptômes persistent, dans une ville où chercheurs et cliniciens travaillent déjà depuis plusieurs années à comprendre ce que signifie réellement récupérer d’une commotion.

Sources consultées
  1. GMF / Fonds ClinatecUn casque innovant de photobiomodulation pour traiter les commotions cérébrales du sportif
  2. InsermCommotions au rugby : un casse-tête pour la recherche
  3. ToNIC InsermSoutenance Thèse Adeline Julien - 20/06/2024
  4. Medicine & Science in Sports & Exercise / PubMedA Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Clinical Trial Evaluating Transcranial Photobiomodulation as Treatment for Concussion
  5. Frontiers in NeurologyBrain Photobiomodulation Therapy for Acute Sport-Related Concussion: A Randomized, Single-Blinded, Pilot Clinical Trial (RECOVERY Study)
  6. L’Équipe« Peut-être le début d'une solution », le lancement d'un essai clinique avec un casque pour traiter les commotions suscite de l'espoir