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Taxe foncière 2026 : en Haute-Garonne, des hausses proches cachent des budgets très différents

Léguevin, Saint-Orens et Lespinasse relèvent leur taxe foncière en 2026 tandis que Toulouse reste stable, pour des raisons budgétaires très différentes.

Illustration de taxe foncière

À Léguevin, le taux communal de taxe foncière sur les propriétés bâties passe de 40,04 % à 48,04 % en 2026, soit huit points de plus. À Lespinasse, il grimpe de 34,65 % à 40,65 %, six points supplémentaires. À Saint-Orens-de-Gameville, la majorité municipale annonce une hausse de 18 % de la part communale. Toulouse, elle, reconduit son taux de 35,35 %. Même impôt, même département, mais des situations financières et des objectifs différents derrière ces décisions.

Ces mouvements se détachent d’une année plutôt calme à l’échelle française. Selon la DGFiP, 85,8 % des communes ont conservé en 2026 leur taux de taxe foncière sur le bâti. Les fortes augmentations ne résultent donc pas d’une hausse générale des taux partout en France : là où elles existent, elles renvoient à un choix municipal identifiable.

À Léguevin, la hausse vise à accroître la capacité d’investissement. La commune a terminé 2025 avec un excédent de fonctionnement de 821 652 euros, après neutralisation d’un décalage exceptionnel de recettes lié au transfert de l’eau et de l’assainissement. Elle explique vouloir renforcer son autofinancement. En 2026, près de 800 000 euros sont notamment consacrés à la rénovation et à la sécurisation des bâtiments communaux, de la sécurité incendie à la rénovation énergétique. Les huit points supplémentaires ne viennent donc pas combler un déficit de fonctionnement : ils donnent davantage de marge pour investir.

À Lespinasse, la hausse répond d’abord à l’érosion des comptes courants. La commune a enregistré en 2025 un déficit net de fonctionnement de 204 565 euros et a puisé plusieurs années de suite dans ses réserves. Sa situation présente une particularité : plus de la moitié de ses recettes courantes dépend d’une attribution de compensation héritée de l’ancienne taxe professionnelle, désormais fixée à 3,20 millions d’euros et qui ne progresse pas avec l’inflation. Pendant que les dépenses augmentent, cette grosse recette reste figée. Le conseil municipal a donc relevé le foncier de six points pour retrouver une épargne de gestion légèrement positive, tout en maintenant les tarifs municipaux à leur niveau actuel.

À Saint-Orens-de-Gameville, après douze années de stabilité, la majorité municipale réutilise le levier fiscal pour dégager de nouvelles ressources et poursuivre ses projets. À Toulouse, le choix inverse a été fait : le taux communal reste à 35,35 %. Cette stabilité ne garantit toutefois pas une facture identique. À situation du bien inchangée, les valeurs locatives cadastrales des logements sont revalorisées nationalement de 0,8 % en 2026, et l’avis additionne plusieurs taux relevant notamment de la commune et de l’intercommunalité.

Un classement des hausses ne raconte donc qu’une moitié de l’histoire. À Léguevin, huit points supplémentaires servent à dégager davantage d’autofinancement pour les équipements. À Lespinasse, six points doivent freiner l’érosion de l’épargne communale. Saint-Orens réutilise un levier fiscal laissé intact depuis 2014. Toulouse ne le touche pas. Sur les avis de taxe foncière de cet automne, ces arbitrages municipaux apparaissent notamment dans l’évolution de la part communale de l’impôt.

Sources consultées
  1. Direction générale des Finances publiquesTaux de fiscalité directe locale votés en 2026 par les communes et les EPCI à fiscalité propre
  2. Direction générale des Finances publiquesComment est calculée ma taxe foncière ? Pourquoi a-t-elle augmenté en 2026 ?
  3. Ville de LéguevinOrientations financières et budgétaires 2026
  4. Ville de LespinasseProcès-verbal du conseil municipal du 20 avril 2026
  5. Ville de Saint-Orens-de-GamevilleMém'Orens n°283, mai-juin 2026
  6. Mairie de ToulouseConseil municipal du 30 avril 2026