Article

À Blagnac, deux vols pour valider les modèles du Kepplair 72 avant sa transformation

L’ATR 72 de Kepplair a volé chargé puis à vide pour valider les modèles numériques avant sa conversion en prototype de bombardier d’eau à Blagnac.

Illustration - ATR 72 transformé à Blagnac

Le premier ATR 72 de Kepplair a déjà volé dans le ciel toulousain, mais pas encore comme bombardier d’eau. Fin août, l’appareil a effectué deux vols de calibration, l’un à pleine charge, l’autre à vide, avant d’entrer chez Aerotec & Concept à Toulouse-Blagnac pour sa transformation.

Cette séquence précise ce qui a changé depuis l’arrivée du prototype à Toulouse-Blagnac. Kepplair explique désormais que ces deux vols ont servi à confronter ses modèles numériques aux mesures recueillies en vol, appareil chargé puis à vide. L’ATR était équipé pour l’occasion d’une instrumentation d’essai.

La prochaine étape se déroule au sol. Aerotec & Concept doit renforcer la structure au niveau du carénage ventral, où seront installés deux réservoirs pouvant contenir au total 7 500 litres. Des trappes de largage doivent prendre place entre les deux trains d’atterrissage principaux et le cockpit recevoir les commandes nécessaires au système. La Dépêche évalue le chantier à quatre ou cinq mois.

Aerotec & Concept transforme l’ATR à Blagnac. Le système de largage KEDS a, lui, été développé avec l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse et Trotter Controls. Des essais de largage ont déjà été réalisés à l’IMFT sur un banc à l’échelle 1. Il faut désormais faire fonctionner cet ensemble sur un avion dont la structure, la masse et l’aérodynamique auront été modifiées.

La prochaine campagne passera du banc d’essai au vol. Kepplair annonce un retour dans les airs à partir de janvier 2027, cette fois avec l’appareil transformé, puis des largages destinés à qualifier le système en conditions réelles. Les deux vols d’août n’ont donc pas testé les performances du futur bombardier d’eau : ils ont servi à valider les modèles utilisés avant sa conversion.

Le Kepplair 72 reste un prototype. L’entreprise vise en 2027 un certificat de type supplémentaire, ou STC, délivré par l’Agence européenne de la sécurité aérienne pour approuver cette modification majeure de l’ATR 72.

Toulouse fournit ici deux compétences rarement réunies dans un même projet : la modification lourde d’un avion existant et l’étude du comportement de plusieurs tonnes de liquide au moment du largage. Le prochain test sera beaucoup plus parlant que les deux premiers. D’ici janvier, l’ATR restera dans son hangar de Blagnac pour recevoir la configuration que Kepplair veut ensuite faire certifier.

Sources consultées
  1. La Dépêche du MidiREPORTAGE. Ça y est, la transformation à Toulouse du premier ATR 72 en bombardier d'eau commence chez Kepplair
  2. Aerospace Valley / Kepplair EvolutionKepplair Evolution franchit un jalon symbolique, avec le premier vol pré-modification de son avion prototype
  3. AerobuzzKepplair lance la conversion du prototype de son bombardier d'eau KE-72
  4. Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienneSupplemental Type Certificates (STC)