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TG4050 : ce que Toulouse apporte au test d’un vaccin anticancer sur mesure

À l’Oncopole, la phase I de TG4050 montre zéro rechute chez 16 patients évaluables. La phase II doit vérifier si ce vaccin sur mesure réduit les récidives.

Illustration - Vaccin anticancer personnalisé à Toulouse

À l’Oncopole de Toulouse, TG4050 est entré très tôt dans la clinique : le centre a inclus le premier patient européen de la phase I en janvier 2021, puis le premier patient de la phase II en mai 2024. Le vaccin n’est pourtant ni conçu ni fabriqué à Toulouse. Le rôle du centre est clinique : traiter et suivre les patients de l’essai, puis étudier les réponses immunitaires.

Les résultats complets de la phase I ont été publiés le 17 août dans Nature Communications. Parmi les 16 patients évaluables vaccinés immédiatement après leurs traitements habituels, aucun n’avait rechuté après un suivi médian de 30 mois. Dans le groupe de 16 patients initialement placé sous surveillance, trois rechutes avaient eu lieu. Des réponses de lymphocytes T dirigées contre les cibles du vaccin ont par ailleurs été détectées chez 73,3 % des patients évalués.

Le chiffre attire forcément l’œil, car environ un tiers des patients concernés par ces cancers de la tête et du cou rechutent après chirurgie et traitements complémentaires. Mais la phase I avait d’abord pour objectif d’évaluer la sécurité du vaccin, sur un petit effectif. Le résultat sur les rechutes est donc un signal clinique prometteur, pas encore une démonstration de son efficacité.

TG4050 est justement difficile à tester parce qu’il n’existe pas sous une forme identique pour tous. Après l’analyse génétique de la tumeur, un système développé par NEC sélectionne jusqu’à 30 mutations susceptibles d’être reconnues par le système immunitaire. Transgene les intègre ensuite dans un vecteur viral et fabrique un lot propre au patient. Cette préparation peut commencer pendant la radiothérapie afin que le vaccin soit disponible après les traitements standards.

Le programme repose sur une division claire du travail. Transgene développe et produit le vaccin, NEC fournit la sélection algorithmique des cibles, tandis que Toulouse est l’un des centres où le vaccin est administré dans le cadre de l’essai et où les patients sont suivis. Le registre de l’étude recense aujourd’hui 14 sites en France, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis.

Depuis la clôture des données publiées dans Nature Communications, Transgene et NEC ont communiqué un suivi médian porté à 41 mois : les 16 patients de l’analyse vaccinés immédiatement restent sans récidive, tandis que le groupe témoin compte toujours trois rechutes. Cette mise à jour du 3 septembre est plus récente que l’article scientifique, mais elle émane des promoteurs et n’a pas encore fait l’objet de la même évaluation par les pairs.

La phase II est désormais entièrement randomisée : 38 patients ont été répartis entre les groupes. Cette fois, le critère principal est directement clinique : comparer la survie sans récidive à deux ans. Transgene prévoit les premiers résultats complets d’ici la fin du premier trimestre 2028.

Pour l’Oncopole, la prochaine réponse attendue est désormais clinique : savoir si, dans cette phase II internationale à laquelle Toulouse participe, TG4050 réduit réellement les récidives.

Sources consultées
  1. Nature CommunicationsA viral-based individualized neoantigen vaccine as adjuvant treatment in resected head and neck squamous cell carcinoma: a randomized Phase I trial
  2. IUCT-OncopoleVaccin individualisé contre le cancer, l’Oncopole inclut le 1er patient de la phase II
  3. ClinicalTrials.govA Clinical Trial Evaluating TG4050 in Head and Neck Cancer
  4. TransgeneTransgene Completes Patient Randomization in Phase 2 Part of Clinical Trial Evaluating TG4050 in the Adjuvant Treatment of Head and Neck Cancer
  5. Transgene et NECTransgene and NEC Report 100% Three-Year Disease-Free Survival with TG4050