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Justice des mineurs : à Toulouse, La Cale avait déjà les murs de la réforme

Depuis le 1er septembre, La Cale est devenue une UJPE. Ses 12 places restent, mais la réforme change l’accompagnement, la santé, l’insertion et l’encadrement.

Illustration de La Cale à Toulouse

Depuis le 1er septembre, La Cale, à Toulouse, fait partie des 85 premières unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) ouvertes en France. Sa capacité actuelle reste de 12 places et son bâtiment est presque neuf. Ce qui change se trouve surtout dans la manière d’organiser le placement des jeunes.

Le cas toulousain est particulier : une partie du nouveau modèle existait déjà dans les murs. La Cale accueille huit jeunes en hébergement collectif et dispose de quatre studios individuels destinés à travailler la semi-autonomie. Le bâtiment actuel accueille des jeunes depuis juillet 2024 et a été inauguré en octobre de la même année. Le ministère avait chiffré l’opération de reconstruction à 4,72 millions d’euros dans les documents budgétaires transmis au Sénat ; la maîtrise d’œuvre indique pour sa part 3,09 millions d’euros HT pour les seuls travaux.

Cette combinaison entre collectif et autonomie correspond précisément à la logique que l’État généralise avec les UJPE. Les anciennes unités d’hébergement collectif et les centres éducatifs fermés du secteur public sont réunis dans une même catégorie. Une UJPE doit proposer au moins huit places collectives, mais peut aussi accompagner un jeune en logement semi-autonome, en résidence sociale ou chez un accueillant familial. Le mode de placement peut ainsi évoluer sans interrompre le parcours éducatif.

Pour un jeune placé à La Cale, la nouveauté tient donc moins à la chambre qu’à l’accompagnement. Le cahier des charges prévoit un projet individualisé, un suivi scolaire ou professionnel et un suivi de santé, coordonnés avec les magistrats et les autres services de la PJJ. Chaque jeune doit disposer d’un emploi du temps hebdomadaire adapté à sa situation.

Le nouveau modèle prévoit notamment un professeur technique pour la scolarité et l’insertion, et un infirmier pour le suivi de santé. Lors d’une visite préparatoire quelques mois avant la réforme, la PJJ Occitanie annonçait encore leur arrivée prochaine à La Cale. Début septembre, le ministère a indiqué à La Dépêche que l’équipe toulousaine comptait désormais 22 professionnels, dont un infirmier et un professeur technique.

Le modèle exige une présence continue, assez d’éducateurs pour doubler l’essentiel des temps de service et du temps disponible pour le suivi individuel comme pour les activités collectives. Le cahier des charges ne fixe toutefois pas de nombre national uniforme d’éducateurs par unité.

La réforme française concerne d’abord 19 anciens centres éducatifs fermés et 66 anciennes UEHC publiques ; 123 UJPE doivent exister d’ici 2028 après la transformation progressive du secteur associatif. À Toulouse, elle démarre donc dans un lieu qui avait déjà été conçu pour faire varier les formes d’hébergement. À La Cale, elle sera désormais moins visible dans les murs que dans le quotidien des jeunes qui y sont placés : ce qu’ils pourront effectivement faire de plus, ou différemment, pendant leur séjour.

Sources consultées
  1. Ministère de la JusticeJustice des mineurs : la réforme des centres éducatifs fermés annoncée par Gérald Darmanin se concrétise avec l’ouverture de 85 premières UJPE
  2. LégifranceArrêté du 14 avril 2026 fixant le cahier des charges des unités judiciaires à priorité éducative
  3. SénatProjet de loi de finances pour 2024 : Protection judiciaire de la jeunesse
  4. Groupe SeuilUnité éducative d’hébergement collectif UEHC La Cale à Toulouse
  5. La Dépêche du MidiCe qui change depuis le 1er septembre pour les mineurs délinquants autour de Toulouse