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Fibre Excellence : un industriel demande quatre mois avant l’audience du 8 septembre

À Saint-Gaudens, un industriel de la pâte à papier demande quatre mois pour préparer une offre ferme, alors que le tribunal examine le dossier le 8 septembre.

Illustration - Usine papetière de Saint-Gaudens

À Saint-Gaudens, le projet de reprise de Fibre Excellence vient de trouver un industriel du métier intéressé par l’usine. Le problème est désormais le temps : cet acteur de la pâte à papier et des produits d’hygiène demande quatre mois pour transformer son intérêt en offre ferme. Le tribunal de commerce de Toulouse examinera les offres mardi 8 septembre à 8 h 30, et la poursuite d’activité n’est actuellement autorisée que jusqu’au 15 septembre.

Carole Delga indique que l’Agence régionale des investissements stratégiques (ARIS) a complété son offre jeudi 3 septembre et qu’un courrier du nouvel industriel a été remis au tribunal. Son identité, le montant qu’il pourrait investir et les conditions de son engagement ne sont pas publics. Il n’est donc pas encore un repreneur : les quatre mois demandés doivent précisément lui permettre de construire une proposition ferme.

C’est une étape nouvelle depuis l’offre déposée le 24 août par l’ARIS. La Région chiffre le projet industriel à 90 millions d’euros, mais reconnaissait encore le 2 septembre qu’il lui manquait un opérateur de pâte à papier capable d’exploiter durablement le site. L’arrivée d’un industriel du secteur répond donc au principal trou du montage, sans encore le refermer.

Pour combler l’écart entre le calendrier du tribunal et celui du candidat, l’Occitanie veut utiliser l’ARIS pour porter temporairement une partie du risque. Créée en 2021, l’ARIS est une société d’investissement qui peut entrer au capital d’entreprises considérées comme stratégiques pour la région. Dans Fibre Excellence, la Région annonce un engagement de 13 millions d’euros, soumis lundi 7 septembre à une commission permanente exceptionnelle. Elle demande parallèlement à l’État 5 millions au capital et 10 millions sous forme de prêt ; 3 millions d’euros d’engagements industriels sont également annoncés.

Autrement dit, l’argent public recherché doit surtout acheter quelques mois. L’objectif affiché par la Région est d’assurer la continuité de l’usine jusqu’à ce qu’un industriel privé puisse prendre le relais. L’État n’a pour l’instant pas accepté la nationalisation temporaire proposée : le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a écarté cette option jeudi.

L’usine peut produire environ 280 000 tonnes de pâte à papier par an. Ses difficultés dépassent la seule procédure judiciaire : au printemps, le ministère de l’Industrie citait la hausse du prix du bois et la baisse du cours de la pâte parmi les difficultés structurelles du groupe.

Le nouvel industriel rend donc la reprise plus plausible, mais déplace le problème vers celui qui acceptera de financer l’attente. Lundi, les élus régionaux doivent se prononcer sur les 13 millions d’euros. Mardi matin, le tribunal examinera le dossier. À Saint-Gaudens, le délai de quatre mois demandé par l’industriel dépend d’abord de l’audience du 8 septembre.

Sources consultées
  1. Carole DelgaPublication du 4 septembre 2026 sur Fibre Excellence
  2. Région Occitanie / Pyrénées-MéditerranéeCarole Delga demande au président de la République la nationalisation temporaire de Fibre Excellence
  3. Tribunal de commerce de Toulouse via Pappers JusticeJugement du 6 août 2026, Fibre Excellence Saint-Gaudens
  4. ARIS OccitanieARIS Occitanie
  5. Fibre ExcellenceFibre Excellence Saint-Gaudens
  6. Ministère chargé de l’Industrie via le SénatSituation critique de l'usine Fibre Excellence de Tarascon et protection des emplois en Provence-Alpes-Côte d'Azur