
La Haute-Garonne continue de gagner des habitants, mais ses écoles perdent des élèves. À la rentrée 2026, l’Éducation nationale prévoit environ 2 600 élèves de moins dans le premier degré public du département. La dotation diminue parallèlement de 17 postes.
La Haute-Garonne comptait 1,47 million d’habitants en 2023 et sa population a progressé de 1,3 % par an depuis 2017. Pourtant, le nombre d’enfants scolarisés baisse depuis plusieurs années : à la rentrée 2025, le département comptait déjà 3 490 élèves du premier degré public de moins qu’en 2017. Les naissances diminuent suffisamment pour que la croissance de Toulouse et de sa périphérie ne compense plus le rétrécissement des générations arrivant à l’école.
Cette démographie donne davantage de latitude à la carte scolaire, sans dicter ce qu’il faut en faire. Pour 2026, la dotation départementale baisse de 17 postes tandis que certaines classes ferment et que d’autres supports sont ouverts hors des classes. Le ministère annonce notamment un « renforcement significatif » de la brigade de remplacement. L’arrêté départemental du 12 mai ouvre des supports de titulaires remplaçants représentant 80,5 équivalents temps plein, ainsi que des postes consacrés à l’inclusion scolaire.
Le remplacement n’est pas un détail de gestion. Lors d’une audience en février, la DSDEN comptabilisait 596 postes de titulaires remplaçants, selon le compte rendu du SE-Unsa. En janvier, l’administration avait enregistré en moyenne 109 classes par jour sans enseignant remplaçant, avec un pic à 193. Selon ce même compte rendu, la DSDEN reconnaissait que la grande majorité des titulaires remplaçants étaient mobilisés sur des remplacements longs. L’ouverture de supports représentant 80,5 ETP ne permet toutefois pas, à elle seule, de connaître le nombre d’enseignants supplémentaires qui seront effectivement disponibles chaque matin à la rentrée.
Les derniers ajustements montrent pourquoi cette réserve est si difficile à dimensionner. Le 28 août, le comité social d’administration a retenu 24 ouvertures de classes pour un an, selon le SE-Unsa. Chacune doit être assurée par un titulaire remplaçant affecté à l’année. Ces enseignants permettront de répondre à des effectifs locaux plus élevés que prévu, mais ne pourront plus servir aux remplacements ordinaires. La brigade joue donc deux rôles : couvrir les absences et absorber les écarts entre prévisions et inscriptions réelles.
La baisse ne devrait pas s’arrêter après cette rentrée. La DEPP projette, dans son scénario intermédiaire, 11,5 % d’élèves en moins dans le premier degré en Haute-Garonne entre 2025 et 2035. Dans un département où la Ville de Toulouse adapte déjà son parc scolaire après une décennie de constructions, la question va donc revenir chaque année sous une forme très locale : combien de classes conserver, et combien d’enseignants garder disponibles pour qu’une absence ne laisse pas une école sans solution ?
Sources consultées
- Sénat / ministère de l’Éducation nationaleRéduction prévue du nombre d'enseignants de l'académie de Toulouse
- Académie de ToulouseArrêté du 12 mai 2026 relatif aux mesures de carte scolaire dans l’enseignement du premier degré public de la Haute-Garonne – Postes hors la classe
- SE-Unsa Haute-Garonne[31] Audience Dsden (19 fév. 26) – Compte rendu
- SE-Unsa Haute-Garonne[31] Écoles/Carte scolaire : CSA du 28 aout
- InseeComparateur de territoires – Département de la Haute-Garonne
- Ministère de l’Éducation nationale, DEPPProjections d’effectifs d’élèves dans les premier et second degrés à horizon 2035