
Toulouse-Blagnac a retrouvé la croissance au printemps, mais pas son ancien visage. Entre avril et juin 2026, l’aéroport a accueilli 2 132 814 passagers, 3,5 % de plus qu’un an auparavant. Après un premier trimestre en recul de 2,2 %, le retournement est net. Le trafic total reste pourtant à 83 % de celui du deuxième trimestre 2019.
La comparaison avec 2019 montre surtout où les passagers sont revenus. Les vols internationaux ont transporté 1,26 million de personnes, soit 59 % du trafic de Blagnac et 101 % du niveau d’avant-Covid. Les lignes françaises n’en ont accueilli que 870 239, soit 65 % de leur niveau de 2019. Paris plafonne à 69 % et les liaisons entre Toulouse et les autres villes françaises à 59 %.
Le rebond du trimestre tient en partie à l’augmentation de l’offre des compagnies. L’aéroport l’explique lui-même par une offre plus importante depuis avril. Sur Paris, les capacités supplémentaires vers Orly et Roissy ont accompagné une hausse de 6 % du trafic sur un an. Sur les lignes transversales, le deuxième avion basé par Volotea a contribué à augmenter l’offre. Cette offre supplémentaire accompagne donc le rebond du printemps. Les données publiées ne permettent pas d’en mesurer précisément l’effet, encore moins d’annoncer le retour durable des volumes d’autrefois.
Les propres prévisions de Toulouse-Blagnac restent pourtant bien inférieures au record de 2019. Dans son contrat de régulation économique 2026-2030, l’exploitant prévoit 7,7 millions de passagers cette année et 8,2 millions en 2030, soit seulement 85,7 % du trafic de référence de 2019. L’Autorité de régulation des transports juge cette trajectoire plausible, tout en la situant dans le bas de sa propre fourchette.
Le dossier examiné par l’ART souligne aussi la forte exposition historique de Toulouse-Blagnac aux vols intérieurs et aux déplacements professionnels, eux-mêmes en recul tendanciel. L’Autorité ajoute que la réorganisation du réseau n’est pas achevée, après la fermeture de la base easyJet et les changements opérés sur les dessertes parisiennes.
La future liaison directe vers Washington en 2027 s’inscrit dans cette évolution. Une nouvelle liaison lointaine ne compense pas à elle seule le recul du domestique, mais elle accompagne un aéroport dont le centre de gravité se déplace déjà vers l’international.
Une autre différence avec 2019 tient au nombre de vols. Au deuxième trimestre, Blagnac a retrouvé 83 % de ses passagers de 2019 avec seulement 73 % des mouvements commerciaux d’avions. Le trafic revient donc avec moins de mouvements qu’avant-Covid, tandis que sa géographie change. À Toulouse-Blagnac, le modèle qui se dessine pour la fin des années 2020 est plus international, avec un marché intérieur durablement plus petit.
Sources consultées
- Aéroport Toulouse-Blagnac2ème trimestre 2026 : un trafic dynamique tant sur l’international que le national
- Aéroport Toulouse-Blagnac1er trimestre 2026 : forte dynamique sur Paris et l’international hors Europe, baisse sur l’Europe
- Autorité de régulation des transportsProjet de contrat de régulation économique entre l’État et la société Aéroport Toulouse-Blagnac pour la période 2026-2030, 19 mars 2026