
Au CHU de Toulouse, une équipe a relevé en conditions réelles les matériels, dispositifs médicaux et consommations d’énergie mobilisés pendant une opération de hernie inguinale, avant d’en analyser le cycle de vie. Entre les deux techniques comparées, la laparoscopie ressort avec une empreinte environnementale globale 1,44 fois supérieure à celle de la chirurgie ouverte.
L’étude, publiée en juin dans la revue Hernia, a été menée au CHU entre octobre 2024 et février 2025. Elle est prospective : les consommations ont été relevées en temps réel pendant les interventions, puis intégrées à une analyse de cycle de vie, de la fabrication à la fin de vie. Seize catégories d’impact environnemental ont été comparées.
L’écart entre les deux techniques correspond à 15,5 kg de CO2 équivalent supplémentaires par intervention pour la laparoscopie. Mais le résultat le plus utile se trouve dans le détail. Les principaux contributeurs sont les produits non tissés et les articles en coton à usage unique. À l’inverse, l’énergie consommée dans la salle d’opération et la stérilisation des dispositifs réutilisables contribuent peu au bilan calculé par l’équipe.
Cette décomposition permet de cibler les postes sur lesquels une modification du matériel ou du protocole pourrait avoir un effet. Le travail associe au CHU des équipes de chirurgie digestive, d’anesthésiologie et de pharmacie ; le CHU indique également qu’il a été soutenu par son comité RSE et réalisé avec l’agence spécialisée Primum Non Nocere.
Le résultat ne suffit toutefois pas à choisir une technique opératoire. Cette étude mesure leur empreinte environnementale, pas leurs résultats médicaux respectifs. Elle fournit donc un critère supplémentaire et surtout une méthode pour tester ensuite des changements de pratique sans confondre bilan écologique et qualité des soins.
La communication publiée le 26 août par le CHU contient d’ailleurs une erreur sur ce point. Après avoir indiqué correctement que la laparoscopie est 1,44 fois plus impactante, elle la présente quelques lignes plus bas comme la technique la plus sobre. La publication scientifique est sans ambiguïté : dans les conditions observées à Toulouse, c’est bien la laparoscopie qui obtient le score environnemental le plus élevé, avec 15,5 kg CO2e supplémentaires par intervention.
La méthode peut désormais servir à comparer des consommables, modifier un protocole puis recommencer le calcul. À Toulouse, les premières cibles identifiées sont déjà sur la table du bloc : non-tissés, coton et matériel utilisé une seule fois.