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IASI-NG : à Toulouse, les mesures passent le cap de la validation

Depuis le 24 août, Eumetsat diffuse les premières données calibrées d’IASI-NG. À Toulouse, huit mois de travail ont servi à vérifier leur fiabilité.

Illustration - Satellite météo au-dessus de Toulouse

Depuis le 24 août, les utilisateurs d’Eumetsat peuvent accéder aux données de niveau 1C de IASI-NG, le nouveau sondeur infrarouge embarqué sur Metop-SG A1. Avant cette ouverture, il a fallu huit mois de calibration et de validation, largement conduits depuis un centre d’expertise du CNES exploité à Toulouse.

Le travail toulousain consiste à répondre à une question moins visible qu’un lancement spatial, mais décisive pour la suite : peut-on se fier aux mesures qu’il renvoie depuis plus de 800 km d’altitude ?

IASI-NG observe le rayonnement infrarouge émis par la Terre et traversant l’atmosphère. Les molécules n’en absorbent pas toutes les mêmes longueurs d’onde. Le spectre obtenu permet donc de remonter à la température, à l’humidité ou à la présence de certains gaz.

Encore faut-il s’assurer que l’instrument ne déforme pas lui-même ce signal.

À Toulouse, le CNES a développé plus de 50 méthodes et outils pour surveiller notamment le bruit de l’instrument, sa réponse spectrale et sa chaîne de traitement. Une vérification particulièrement parlante a consisté à faire observer les mêmes zones presque simultanément par IASI-NG et par son prédécesseur IASI, encore en service sur Metop-C, avec environ trente secondes d’écart entre les deux passages. Les résultats ont aussi été confrontés à des mesures réalisées au sol, depuis des avions de recherche et par des ballons-sondes montant jusqu’à 40 km.

Les résultats confirment le gain annoncé par rapport à la première génération : selon le CNES, IASI-NG améliore d’un facteur deux la résolution spectrale et le bruit radiométrique. Il peut ainsi mieux séparer des signatures spectrales proches et détecter des variations plus faibles.

La mise à disposition du 24 août ne signifie toutefois pas que toute la chaîne est achevée. Les données distribuées sont des spectres calibrés et géolocalisés, dits de niveau 1C. Les produits de niveau 2, qui traduiront ces mesures en profils de température, d’humidité ou de composition atmosphérique, sont encore en validation. Eumetsat classe donc actuellement IASI-NG en service pré-opérationnel, avec un passage au stade opérationnel prévu au deuxième trimestre 2027.

La première génération IASI fournit ce type de mesures depuis 2006 et ses données sont déjà assimilées par les grands centres de prévision météorologique. IASI-NG doit prolonger cette série tout en affinant les observations, avec trois instruments prévus successivement jusqu’aux années 2040.

Airbus construit les instruments, tandis que le CNES en porte la responsabilité technique et a développé leur traitement de niveau 1 ainsi que le centre d’expertise toulousain, dans un programme mené avec Eumetsat.

La compétence concentrée à Toulouse n’est donc pas seulement de savoir construire un instrument spatial. Elle consiste aussi à démontrer, mesure après mesure, qu’un spectre reçu de l’orbite est assez fiable pour entrer dans les machines des météorologues. Depuis le 24 août, ces données validées sont désormais ouvertes à l’ensemble des utilisateurs d’Eumetsat.

Sources consultées
  1. CNESMétéo, climat : l’instrument français IASI-NG est prêt à distribuer ses données
  2. CNESIASI-NG en détails
  3. CNESInstruments | IASI-NG
  4. EumetsatMetop-SG in operations
  5. ECMWFMetop-A satellite retired after 15 years of huge benefit to forecasting