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À Toulouse, un dosage renverse un diagnostic d’hypercholestérolémie

À Rangueil, un dosage des stérols végétaux et la génétique ont permis de diagnostiquer une sitostérolémie chez une patiente suivie depuis l’enfance.

Illustration - Stérols végétaux et diagnostic toulousain

À l’hôpital Rangueil, un diagnostic posé dans l’enfance vient d’être renversé plus de cinquante ans plus tard. Une patiente de 61 ans, considérée jusque-là comme atteinte d’une forme homozygote d’hypercholestérolémie familiale, souffrait en réalité de sitostérolémie, une maladie génétique rare qui peut lui ressembler presque trait pour trait. Le cas, publié en avril par une équipe notamment rattachée au CHU de Toulouse et remis en avant le 20 août par l’hôpital, montre surtout comment une analyse spécialisée permet de sortir d’un diagnostic devenu trompeur.

Les deux maladies peuvent produire un cholestérol très élevé, des dépôts graisseux dans les tendons et un risque cardiovasculaire précoce. Mais plusieurs éléments ne collaient plus chez cette patiente. Ses parents n’avaient pas d’hypercholestérolémie marquée, les principaux gènes associés à l’hypercholestérolémie familiale n’avaient révélé aucun variant pathogène et l’ézétimibe avait eu une efficacité inhabituelle. Des anomalies des plaquettes ajoutaient un autre indice. Ces signes font précisément partie de ceux qui peuvent conduire à rechercher une sitostérolémie.

L’étape décisive consiste alors à ne plus mesurer seulement le cholestérol. La sitostérolémie perturbe les protéines ABCG5 ou ABCG8, chargées de contribuer à l’élimination des stérols végétaux absorbés par l’organisme. Chez la patiente toulousaine, le sitostérol sanguin atteignait 465 µmol/L, contre une limite de contrôle de 8 µmol/L dans la publication. Deux variants pathogènes d’ABCG5 ont ensuite confirmé le diagnostic. Le protocole national publié en janvier 2026 retient lui aussi le dosage des phytostérols, complété par la recherche de variants d’ABCG5 ou ABCG8, pour distinguer cette maladie d’une hypercholestérolémie familiale homozygote.

Toulouse dispose précisément de cette capacité. Dans une page publiée le 20 août, le CHU indique que sa plateforme biologique réalise couramment ce dosage. Il précise que les CHU de Dijon et de la Pitié-Salpêtrière disposent également de cette capacité en France. Orphanet référence par ailleurs le laboratoire de biochimie toulousain pour le diagnostic de la sitostérolémie par analyses biochimiques et génétiques sur ABCG5 et ABCG8. Cette compétence s’inscrit dans une spécialisation ancienne : Rangueil possède une équipe consacrée aux dyslipidémies rares depuis 1982 et est centre de compétence CEDRA depuis 2023.

Dans la sitostérolémie, la réduction des apports en stérols végétaux et l’ézétimibe occupent une place centrale dans la prise en charge. Le cas toulousain éclaire ainsi une difficulté décisive en médecine des maladies rares : savoir reconnaître qu’un tableau familier ne se comporte pas comme prévu. À Rangueil, l’intuition clinique peut alors être vérifiée par les analyses spécialisées.

Sources consultées
  1. CHU de ToulouseHypercholestérolémie familiale ou sitostérolémie ? Telle peut être la question !
  2. American Journal of Preventive Cardiology / PubMed CentralSitosterolemia misdiagnosed as homozygous familial hypercholesterolemia: A diagnostic challenge
  3. Haute Autorité de santé / CEDRAHypercholestérolémie Familiale Homozygote, Protocole national de diagnostic et de soins
  4. CHU de ToulouseDyslipidémies rares
  5. OrphanetDiagnostic de la sitostérolémie, gène ABCG5