
Ce mercredi 19 août, le Village des Arts Africains reprend ses quartiers sur les allées Jules-Guesde, à Toulouse. Pour sa 13e édition, Africlap a choisi les « Archipels Africains » : cinq jours consacrés notamment au Cap-Vert, à Madagascar, à Maurice et à La Réunion, avec musique, cinéma, littérature, peinture et ateliers. Le thème a un mérite immédiat : montrer des cultures africaines reliées par des histoires et des circulations, plutôt qu’une Afrique culturelle présentée d’un seul bloc.
À Toulouse, le thème rejoint une histoire déjà locale. Vendredi 21 août, le festival rendra hommage à Emilio Varela da Veiga, musicologue, compositeur et interprète cap-verdien qui a construit une partie de son parcours musical dans la ville. Il avait fondé le Take Five Orchestra, l’ensemble Txeru di Terra consacré aux musiques du Cap-Vert et l’Institut musical Take Five, installé à Toulouse. Sa veuve Annie Varela da Veiga et des musiciens qui l’ont accompagné au cours des vingt dernières années participeront à l’hommage sur les allées Jules-Guesde.
Le parcours de Varela da Veiga donne au thème 2026 une profondeur locale. Les circulations évoquées par Africlap ont laissé à Toulouse un orchestre, un ensemble, une école de musique, des collaborations et des souvenirs. L’association elle-même appartient à cette continuité : créée à Toulouse en 2010 à l’initiative de Bernard Djatang, elle travaille autour des cinémas et cultures d’Afrique et organise aujourd’hui deux rendez-vous annuels, le Village en août et son festival de cinéma en novembre.
L’organisation du Village repose aussi sur des habitants qui n’apparaîtront pas sur scène. Pour l’édition 2026, Africlap recherchait des bénévoles disponibles au moins trois jours pour accueillir le public, les artistes et les intervenants. La mission publiée sur la plateforme publique JeVeuxAider a été déclarée complète avec 31 inscrits.
Il reste heureusement de la place pour le plaisir du festival lui-même. Ce mercredi soir, Rechauff Out Ker ouvrira la programmation musicale à 20 heures avec les danses et musiques de Maurice et de La Réunion, dont le séga et le maloya. À 21 h 30, le cinéma en plein air prendra le relais avec L’Opéra du bout du monde, documentaire de Marie-Clémence et César Paes tourné autour de l’opéra Maraina et de l’histoire des îles de l’océan Indien. La projection s’inscrit dans « Ciné sous les étoiles », la programmation estivale de Toulouse, avec participation libre.
Treize éditions après ses débuts, le Village donne pendant cinq jours une forme visible à des liens déjà présents dans Toulouse. Ce mercredi, ils commenceront par des voix et des danses de l’océan Indien, puis un film projeté dehors à la nuit tombée.