
À Toulouse-Francazal, TARMAC Aerosave veut ajouter à son activité de maintenance une véritable filière de fin de vie des avions. Le projet, soumis à consultation publique jusqu’au 15 septembre, prévoit environ 15 000 m² de bâtiments, un hangar pouvant accueillir trois avions et deux aires extérieures de déconstruction.
TARMAC exploite déjà depuis 2017 le hangar HM3, situé à environ 300 mètres. L’extension avancerait en trois temps : ouverture des aires de recyclage en 2027, construction d’un hangar à deux positions au second semestre 2029, puis ajout d’une troisième position en 2031. Avec HM3, Francazal disposerait alors de quatre positions de maintenance et pourrait déconstruire environ dix aéronefs par an.
L’intérêt industriel est simple. Lorsqu’un avion ne peut plus être remis en service, sa fin de vie exige d’abord de retirer les fluides et les équipements, puis de récupérer les pièces réutilisables avant de découper ce qui reste et d’orienter les matériaux vers différentes filières. TARMAC a comparé Francazal à quatre autres aéroports du Sud-Ouest et estime que le site toulousain est le seul à réunir tous ses critères industriels et logistiques. L’Autorité environnementale considère en revanche que la comparaison des effets environnementaux entre ces sites reste trop sommaire.
À Francazal, cette montée en puissance dépend aussi des aménagements communs. Le projet TARMAC s’insère parmi plusieurs opérations aéronautiques et dans la future ZAC du « Campus des mobilités innovantes et décarbonées ». Pour l’Autorité environnementale, ces implantations utilisent un même système : routes, stationnement, réseaux, gestion des eaux et espaces naturels ne peuvent pas être organisés projet par projet.
Les accès illustrent cette dépendance. À terme, TARMAC prévoit environ 220 personnes sur son nouveau site, dont 150 salariés, 40 sous-traitants et 30 clients ou visiteurs. Ces déplacements viendront s’ajouter à ceux des autres activités dans un secteur où le dossier identifie déjà une saturation du carrefour entre la route de Seysses et la route de Francazal. Or deux équipements utiles aux dernières phases du projet, un second accès à l’aéroport et un parking mutualisé, n’ont pas encore de calendrier fixé.
La question dépasse la circulation. Sur les 42 000 m² du nouveau site à terme, environ 34 000 seraient imperméabilisés. Les eaux pluviales, la biodiversité et les mesures de compensation dépendent donc elles aussi de la manière dont l’ensemble de Francazal sera aménagé. Le calendrier de TARMAC dépend donc aussi de ces infrastructures communes.
Le calendrier reste conditionné aux autorisations nécessaires. Le projet relève notamment d’une autorisation environnementale pour ses activités classées et, parce qu’il occupe en partie un terrain de l’État, nécessite également une décision du ministre chargé des transports. Les habitants peuvent encore déposer une observation sur le registre numérique jusqu’au 15 septembre à 17 h. Si le projet franchit ces étapes, les premières aires où les avions seront démontés sont prévues dès 2027, en bordure du tarmac de Francazal.
Sources consultées
- Autorité environnementale, IGEDDAvis délibéré n° 2026-044 sur la construction d’un site de maintenance et de recyclage d’aéronefs à Cugnaux
- Préfecture de la Haute-GaronneConsultation du public - société TARMAC Aerosave à Cugnaux
- Registre numérique de la consultation publique TARMAC AerosaveProjet de construction d’un site de maintenance et de recyclage d’aéronefs sur l’aéroport de Toulouse Francazal