
Le nouvel arrêté applicable depuis samedi 15 août maintient toutes les communes de Toulouse Métropole en alerte pour les usages provenant du réseau public d’eau potable. Mais dans la même métropole, plusieurs petits cours d’eau sont déjà au niveau crise.
La différence compte immédiatement pour les habitants : les restrictions dépendent non seulement de l’endroit où l’on se trouve, mais aussi de l’origine de l’eau utilisée.
Avec l’eau du robinet, le niveau d’alerte interdit notamment l’arrosage des potagers de 13 h à 20 h et celui des pelouses et massifs fleuris de 8 h à 20 h. Le lavage des véhicules chez les particuliers est interdit, sauf impératif sanitaire, comme le remplissage des piscines familiales hors exceptions prévues par l’arrêté.
Pour un prélèvement direct dans un cours d’eau ou sa nappe d’accompagnement, les règles peuvent être plus sévères. Le Bassac, le Courbet et ses affluents, le Fongauzy, la Marcaissonne, la Seillonne et la Sausse sont classés en crise sur le territoire métropolitain. L’arrosage des potagers y est interdit de 8 h à 20 h et celui des pelouses et massifs fleuris l’est en principe entièrement.
À l’inverse, la Garonne, le Touch et la Saudrune sont en alerte. L’Aussonnelle, l’Hers-Mort et la Saune restent en vigilance, sauf certains de leurs affluents déjà placés en crise. Notre guide du 31 juillet détaillait déjà cette distinction : une commune n’a donc pas nécessairement un unique « niveau de sécheresse ».
Les cours d’eau ne sont pas non plus alimentés de la même manière. La Garonne bénéficie d’un soutien d’étiage : de l’eau stockée dans des retenues est relâchée pour maintenir son débit lorsque celui-ci devient trop faible.
Cette année, ces lâchers ont commencé dans la nuit du 2 au 3 juillet, le démarrage le plus précoce depuis la création du dispositif en 1993. Les premiers lâchers ont été effectués depuis des retenues hydroélectriques situées sur l’Ariège, en amont de Foix. Leur débit est ensuite ajusté selon la situation hydrologique et les besoins de l’eau potable, de l’agriculture, de l’industrie et des milieux aquatiques.
Ce soutien contribue à maintenir le débit de la Garonne, tandis que de petits affluents atteignent déjà la crise. Mais l’eau stockée n’est pas illimitée. Toulouse Métropole indique que les réserves disponibles diminuent et que la Garonne pourrait prochainement passer en alerte renforcée.
Le nouvel arrêté ne dessine donc pas une frontière simple entre communes « en crise » et communes épargnées. À Toulouse Métropole, un tuyau raccordé au réseau public et une pompe prélevant dans la Marcaissonne peuvent, le même jour, relever de deux niveaux de restriction différents.