Le 22 juillet, HydroPortail a relevé à Toulouse, au Pont-Neuf, un débit moyen journalier de 8,25 m³/s, le plus faible de la série disponible depuis 1976. Voir la Garonne très basse depuis les quais ne dit pourtant pas directement ce qui se passe au robinet. Entre le fleuve et les habitants se trouve tout un système de captage, de traitement, de stockage et de secours.
Toulouse Métropole reste étroitement dépendante du fleuve : 98 % de sa ressource en eau brute est liée à la Garonne, directement ou par des canaux. Mais les prises ne sont pas toutes identiques. Pech-David et Clairfont peuvent prélever dans la Garonne ou l’Ariège selon les conditions ; le Marquisat, à Tournefeuille, reçoit l’eau du canal de Saint-Martory et dispose du lac de la Ramée comme ressource alternative. Le réseau est aussi connecté à ceux de collectivités voisines pour acheter de l’eau ou secourir un secteur en difficulté. La notice technique métropolitaine recensait en 2022 un volume stocké équivalant à plus d’une journée de consommation.
Le PLUi-H approuvé en décembre 2025 conclut à une « marge de production significative » jusqu’en 2035, surtout à Clairfont et Pech-David. Il pose cependant des conditions : les décanteurs de Pech-David doivent conserver leur pleine capacité lorsque l’eau brute devient très trouble, tandis que l’usine de Tournefeuille approcherait de sa limite lors des pointes à l’horizon 2035. Les besoins de la métropole sont estimés à 194 000 m³ par jour en pointe en 2025, puis 220 000 m³ en 2035.
Les traitements évoluent aussi. Le programme « Qualité + » est entré en service à Clairfont à l’automne 2025 puis à Pech-David au printemps 2026 ; le Marquisat doit suivre à la fin de l’année. Ces équipements renforcent le traitement lorsque la qualité de l’eau brute varie. Ils ne créent évidemment pas de débit dans la Garonne.
La Garonne elle-même est aussi soutenue. Le soutien d’étiage a commencé dans la nuit du 2 au 3 juillet cette année, son démarrage le plus précoce depuis la création du dispositif en 1993. Des retenues pyrénéennes libèrent alors de l’eau pour soutenir le fleuve. Lors des périodes les plus tendues, ces lâchers peuvent représenter jusqu’à la moitié du débit de la Garonne dans Toulouse. Plus de 80 millions de mètres cubes de réserves peuvent être mobilisés en amont selon les années.
Les restrictions d’usage déjà appliquées en Haute-Garonne agissent à un autre niveau du système : elles servent à préserver une ressource partagée avec les milieux naturels, l’agriculture, l’industrie et les autres territoires.
À Toulouse, la sécurité du robinet repose ainsi sur plusieurs étages : trois usines, des prises différentes, du stockage, des interconnexions et, bien en amont de la ville, des barrages pyrénéens qui remettent de l’eau dans la Garonne lorsque le fleuve n’en apporte plus assez tout seul.
Sources consultées
- Toulouse MétropolePLUi-H approuvé, notice technique eau potable
- Établissement public Garonne, Gascogne et affluents pyrénéensSoutien d’étiage de la Garonne : les premiers lâchers précoces
- Établissement public Garonne, Gascogne et affluents pyrénéensLes opérations de soutien d’étiage
- SC Vigicrues, HydroPortailLa Garonne à Toulouse [Pont-Neuf], statistiques hydrologiques
- Toulouse MétropoleEau et assainissement