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L’éclair qui a secoué Toulouse avait parcouru 100 kilomètres

L’étude de l’éclair du 6 novembre 2025 révèle un phénomène de trois secondes, compté sept fois depuis le sol mais une seule fois depuis l’espace.

Illustration - Éclair ramifié au-dessus de Toulouse

À 11 h 21, le 6 novembre 2025, un éclair et une détonation avaient fait sursauter Toulouse. Neuf mois plus tard, une équipe réunissant le Laboratoire d’aérologie, Météorage et l’université AGH de Cracovie a reconstitué l’événement : l’arc observé dans l’agglomération terminait un éclair propagé sur près de 100 kilomètres.

Le phénomène avait commencé plus à l’est, dans la partie la plus active d’un vaste système orageux. Pendant environ trois secondes, ses décharges ont progressé vers l’ouest à l’intérieur des nuages. L’éclair s’est achevé par un arc positif entre le nuage et le sol au-dessus de Toulouse. Son pic de courant est estimé à 185 000 ampères. Cette estimation est toutefois moins bien calibrée pour les arcs positifs que pour les arcs négatifs.

Le résultat le plus instructif ne tient pourtant pas à ce chiffre. Avec ses règles habituelles de regroupement des décharges, le réseau terrestre Météorage avait découpé l’événement en sept éclairs. Depuis l’espace, le Lightning Imager du satellite Meteosat Third Generation avait suivi une continuité lumineuse pendant un peu plus de trois secondes et l’avait classée comme un seul phénomène.

Aucun des deux instruments ne mesure exactement la même chose. Le réseau terrestre localise des impulsions radioélectriques puis les rassemble selon des seuils de temps et de distance. Le capteur spatial observe la lumière émise au sommet des nuages. Dans ce cas, leur comparaison montre comment un éclair physiquement continu et très ramifié peut être fragmenté par les conventions de détection.

Pour reconstruire son parcours, les chercheurs ont aussi utilisé les radars météorologiques, un récepteur électromagnétique installé en Pologne et le moulin à champ du Laero. Cet instrument posé sur une terrasse toulousaine mesure les variations du champ électrique atmosphérique. Il se trouvait à environ 3,5 kilomètres de l’arc final.

Le mot « superbolt » doit être compris avec précision. Il renvoie ici au courant très élevé de l’arc positif, pas à une luminosité record. Le capteur spatial n’a d’ailleurs pas relevé de luminosité exceptionnelle pour l’éclair toulousain.

Ce pic de courant n’était toutefois pas exceptionnel à l’échelle du système orageux. Dans l’ensemble de celui-ci, 117 arcs ont dépassé 185 000 ampères en valeur absolue. En France, environ 0,4 % des éclairs nuage-sol enregistrés en 2025 ont franchi le seuil de 180 000 ampères.

La singularité toulousaine était ailleurs. Cet éclair a été le seul éclair nuage-sol détecté dans un rayon d’environ 50 kilomètres autour de la ville pendant toute la journée. Il a frappé loin du cœur convectif de l’orage, dans une zone qui paraissait beaucoup plus calme.

L’étude montre ainsi pourquoi un éclair puissant peut atteindre une zone éloignée de la partie la plus active d’un orage. Sa continuité n’apparaît qu’en croisant les observations du satellite européen avec celles du moulin à champ posé sur la terrasse du Laero.

Sources consultées
  1. La MétéorologieL’éclair toulousain du 6 novembre 2025
  2. Laboratoire d’aérologieÉquipe MECANO
  3. EUMETSATMeteosat Third Generation Instruments