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À Terre-Cabade, Toulouse lâche des moustiques pour en avoir moins

À Terre-Cabade, Toulouse lâche chaque semaine plus de 100 000 mâles stériles. Le test devra encore prouver qu’ils réduisent la population sauvage.

Moustiques stériles au cimetière Terre-Cabade

À Terre-Cabade, Toulouse tente de faire baisser les moustiques en en ajoutant. Depuis mai, des mâles stériles sont libérés chaque semaine sur 31 points du cimetière, dans le cadre d’une expérimentation prévue pendant deux ans.

La Ville avait annoncé 200 000 insectes par semaine, de mai à octobre. Terratis, l’entreprise qui les produit, indique de son côté en relâcher « plus de 100 000 ». Le nombre effectivement relâché n’est donc pas connu avec davantage de précision. La méthode ne fonctionne que si les mâles stériles deviennent assez nombreux pour concurrencer les mâles sauvages.

Terre-Cabade offre un terrain redoutable. Sur plus de 30 hectares, les vases, coupelles et pots peuvent retenir de minuscules volumes d’eau où les femelles pondent. La mairie place d’ailleurs du sable à la disposition des familles dans ses cimetières afin de neutraliser ces gîtes larvaires. Le site est vaste, très infesté et assez circonscrit pour organiser des lâchers réguliers, sans être isolé des jardins et quartiers voisins.

Les moustiques sont élevés en masse, triés pour ne conserver que les mâles, puis stérilisés par irradiation. Une fois relâchés, ils continuent à voler et à chercher des partenaires, mais les œufs issus de leur accouplement avec les femelles sauvages ne se développent pas. Ils ne piquent pas et ne sont pas génétiquement modifiés.

La technique de l’insecte stérile n’est pas nouvelle. Elle est employée depuis des décennies contre certains ravageurs agricoles. Son utilisation contre le moustique tigre en ville reste toutefois une opération exigeante : les mâles irradiés doivent conserver assez de vigueur pour rivaliser avec les sauvages, être répartis au bon endroit et revenir chaque semaine pour faire face aux nouveaux adultes qui apparaissent et aux insectes venus des alentours.

Les lâchers ne remplacent donc pas la suppression des eaux stagnantes. Toulouse mène parallèlement d’autres actions, avec des pièges et 118 « poubellariums » où poissons et invertébrés consomment les larves. Ces bassins sont installés dans des écoles, des crèches et deux autres cimetières. À Terre-Cabade, vider les coupelles et neutraliser les petits réservoirs d’eau reste une condition du succès.

Pour mesurer l’efficacité du dispositif, les guides de la FAO et de l’Agence internationale de l’énergie atomique recommandent de compter les œufs et leur taux d’éclosion, de suivre les moustiques adultes capturés et de comparer la zone traitée avec un secteur similaire non traité. Ils insistent aussi sur la nécessité de disposer de relevés antérieurs aux premiers lâchers.

Toulouse n’a pas publié le protocole détaillé, les données de départ ni l’existence d’une zone de comparaison. Il est donc encore impossible d’attribuer une éventuelle diminution de la nuisance aux mâles stériles plutôt qu’aux pièges, à l’entretien du cimetière ou à la météo.

Au terme des deux saisons, les centaines de milliers de moustiques libérés ne constitueront pas le résultat. Celui-ci devra apparaître dans les pièges de Terre-Cabade : moins de femelles sauvages et davantage d’œufs incapables d’éclore.

Sources consultées
  1. Toulouse Mairie MétropoleLa lutte contre les moustiques s’accélère
  2. TerratisToulouse adopte la Technique de l’Insecte Stérile : une alliance d’au moins deux ans
  3. FAO et Agence internationale de l’énergie atomiqueGuidelines on Planning, Implementing and Evaluating a Sterile Insect Technique Trial for Aedes Mosquitoes
  4. AnsesLe moustique tigre
  5. Toulouse Mairie MétropoleService central des cimetières