
Le dossier du parc solaire du Fauga est désormais en ligne sur le site de la préfecture, mais l’enquête publique n’est pas encore ouverte. La page rassemble notamment l’étude d’impact, les pièces du permis de construire, une attestation de dépollution, la réponse du porteur à la MRAe et les avis d’Enedis et du service d’incendie. L’avis d’enquête et l’arrêté d’ouverture ne sont pas encore publiés. Le dossier est prêt à être consulté, pas encore à recevoir les observations du public.
Le projet ne peut pas avancer sans modifier le plan local d’urbanisme. En mai 2025, le conseil municipal a engagé la procédure sur la base d’une centrale de 47,8 MWc, étendue sur 45,3 hectares, dont 40,4 hectares clôturés, au lieu-dit Roucade. Or la parcelle B1883 est classée en zone NL2. Le PLU y prévoit des espaces naturels, paysagers et récréatifs après dépollution des sols, pas une installation industrielle de production d’électricité. La commune doit donc modifier les orientations du PLU, son règlement et son plan de zonage.
Les chiffres disponibles montrent aussi que le plan a évolué. Solvéo Énergies présente maintenant une centrale de 43,8 MWc sur 44 hectares, avec une production annuelle attendue de 59 042 MWh et un investissement annoncé de 50 millions d’euros. Ces données sont inférieures à celles votées par la commune en 2025. La préfecture a d’ailleurs joint au dossier une note consacrée aux modifications des plans. Tant que l’arrêté d’ouverture n’est pas publié, ces caractéristiques constituent la présentation actuelle du promoteur, pas une autorisation acquise.
Le choix du terrain correspond à une orientation nationale : les centrales solaires au sol sont recherchées en priorité sur les friches industrielles, anciennes carrières et autres sites dégradés, afin d’éviter autant que possible la concurrence avec l’agriculture. L’ancien parc de stockage du Fauga entre dans cette logique. La commune estime qu’un aménagement récréatif sur la totalité de cette vaste emprise polluée n’est pas réaliste. Le solaire offre donc un usage possible à un foncier longtemps bloqué.
Une friche dégradée n’est cependant pas un terrain vide. Lors du conseil municipal de mai 2025, le maire expliquait que la présence de l’aigle botté avait déjà conduit à écarter des panneaux d’un secteur. Le dossier préfectoral comprend aussi une demande d’autorisation de défrichement et un avis du SDIS. L’implantation devra donc composer avec la végétation, la biodiversité, l’entretien du site et le risque d’incendie, en plus de sa production électrique.
Le solaire offre une piste crédible pour ce terrain contraint, mais la modification du PLU ne peut pas se réduire à rendre le règlement compatible avec les besoins du promoteur. Elle doit fixer l’emprise finale, les espaces qui resteront accessibles, les obligations écologiques et les règles d’entretien du site. La prochaine étape sera la publication de l’arrêté, des dates et des modalités de participation. Les habitants pourront alors déposer leurs observations sur le passage de la parcelle B1883 d’une vocation naturelle et récréative à la production d’électricité.
Sources consultées
- Préfecture de la Haute-GaronneEnquête publique portant sur la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme et l’implantation d’une centrale photovoltaïque au sol à Le Fauga
- Commune du FaugaProcès-verbal du conseil municipal du 27 mai 2025
- Solvéo ÉnergiesLe parc solaire du Fauga
- Ministère de la Transition écologiqueSolaire