
Sous les coteaux de Mondilhan, TeréCO2 veut savoir si une épaisse couche de grès remplie d’eau salée peut stocker du dioxyde de carbone. Le permis demandé couvre environ 173 km² et 34 communes, dont 21 en Haute-Garonne, de Boulogne-sur-Gesse à Montmaurin. Il pourrait être accordé pour quinze ans.
Cette exploration est la partie souterraine d’un projet industriel beaucoup plus vaste. CapCO2mminges prévoit de capter environ 700 000 tonnes de CO₂ par an à la cimenterie Lafarge de Martres-Tolosane, d’adapter son alimentation électrique, puis d’acheminer le gaz par une canalisation enterrée d’environ 35 km jusqu’au stockage. L’ensemble, évalué à plus de 600 millions d’euros, est présenté par la Commission nationale du débat public comme le premier projet français de stockage de CO₂ à terre.
Avant de construire cette chaîne, encore faut-il savoir ce que le sous-sol peut réellement contenir. TeréCO2 commencerait par reprendre les anciennes données issues de l’exploration pétrolière. Une campagne sismique en trois dimensions pourrait suivre, puis un ou deux forages accompagnés de tests d’injection.
Ces recherches auraient elles-mêmes une emprise en surface. L’Autorité environnementale mentionne trois zones possibles pour un forage. La plateforme nécessaire occuperait entre 1 et 2,5 hectares, avec une dalle, une base de vie, des équipements et des espaces de stockage. Son implantation définitive dépendrait des résultats géologiques, mais aussi des contraintes foncières, topographiques et environnementales.
Le programme donne aussi la mesure du pari financier. TeréCO2 prévoit un minimum de 30 millions d’euros pour les études, un premier puits et les tests d’injection. Le forage représenterait à lui seul 25 millions. Si une campagne sismique, un second forage et des puits de surveillance devenaient nécessaires, la facture de l’exploration pourrait atteindre 97 millions d’euros, avant une provision supplémentaire de 15 % pour les risques et aléas.
La cible, appelée aquifère salin de Mondilhan, forme un dôme géologique situé sous environ 1 400 mètres de roches imperméables. Sa capacité est estimée en première approche à 20 millions de tonnes de CO₂. Ce chiffre reste à confirmer par les recherches. L’Autorité environnementale demande notamment de préciser la protection des nappes, les risques de fuite et la microsismicité que pourraient provoquer les injections.
Le projet fait apparaître une nouvelle fonction possible pour le Comminges. Ses couches géologiques ne serviraient plus seulement de mémoire de l’ancienne exploration pétrolière : elles deviendraient une infrastructure industrielle, reliée à une cimenterie, à un réseau électrique et à une canalisation. Les porteurs de CapCO2mminges affichent d’ailleurs l’ambition d’ouvrir plus tard le transport et le stockage à d’autres sites industriels régionaux.
Le permis actuellement examiné n’autoriserait pas ces installations ni même le forage immédiat. Chaque opération devrait encore obtenir ses propres autorisations. Il réserverait toutefois à TeréCO2 le droit d’explorer ce périmètre pendant quinze ans.
Les habitants peuvent envoyer leurs observations et propositions jusqu’au 17 août. La consultation porte sur l’attribution à TeréCO2 de ce permis de recherche pour explorer, sous Mondilhan et les communes voisines, la capacité du sous-sol à recevoir le CO₂ de Martres-Tolosane.
Sources consultées
- Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numériqueParticipation du public sur la demande de permis exclusif de recherches de stockage souterrain de CO₂ du Haut CO2mminges
- Autorité environnementale, IGEDDAvis délibéré sur le permis exclusif de recherches du Haut CO2mminges
- TeréCO2Engagement financier et plan de financement du PER du Haut CO2mminges
- Commission nationale du débat publicProjet CapCO2mminges