
Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de Fibre Excellence Saint-Gaudens, avec poursuite de l’activité jusqu’au 15 septembre. Les offres de reprise doivent être déposées avant le 24 août à midi. Elles seront examinées le 8 septembre, avant une décision attendue au plus tard le 15 septembre.
Le tribunal indique avoir reçu une offre « indicative et préliminaire », accompagnée d’un dépôt de 2 millions d’euros susceptible de contribuer au financement du projet. Selon Carole Delga, le groupe alsacien Soprema s’est positionné, mais d’autres candidats peuvent encore remettre une offre. Le nombre d’emplois repris, les investissements promis et le périmètre industriel du projet ne sont pas encore publics.
La production reste arrêtée depuis avril. Ce délai doit laisser au liquidateur le temps d’organiser une cession susceptible de préserver une activité autonome et une partie des emplois.
À Saint-Gaudens, cet outil dépasse largement les bâtiments visibles depuis la plaine. Les derniers comptes publiés font état d’un effectif moyen de 276 salariés en 2023 et d’une production annuelle de 235 481 tonnes de pâte à papier. L’usine exploite aussi une centrale biomasse. Cette activité électrique représentait 10 % de son chiffre d’affaires en 2023.
Faire tourner le site exige d’acheter et de transporter de grandes quantités de bois, d’alimenter les chaudières, d’entretenir des équipements industriels, de traiter l’eau et de vendre simultanément de la pâte et de l’électricité. Les comptes de 2023 signalaient déjà des tensions sur le prix et la disponibilité du bois. Cette même année, le grand arrêt de maintenance avait mobilisé 180 entreprises extérieures et 1 340 intervenants, pour 11,4 millions d’euros de travaux sur un programme d’investissement total de 20,4 millions.
L’eau constitue une autre dépendance territoriale. Selon le diagnostic climatique du Département, la papeterie concentre plus de 60 % des prélèvements industriels du sous-bassin Garonne amont. La majeure partie de ces volumes retourne au milieu naturel après utilisation et traitement, mais cette échelle montre ce qu’implique le redémarrage d’un tel site pour les réseaux, les contrôles et les ressources locales.
Le sursis obtenu quelques jours plus tôt portait encore sur la possibilité de compléter un financement. La liquidation referme désormais l’option d’un simple redressement de l’entreprise actuelle. Le tribunal a évalué le passif de Saint-Gaudens à 54 millions d’euros. Une reprise devra donc apporter davantage qu’une caution et une intention : des capitaux, un débouché pour la pâte, une solution énergétique, un approvisionnement en bois et un programme de remise en route.
Le 24 août, l’offre devra surtout dire combien de salariés elle conserve, quels investissements elle finance et dans quelles conditions les installations de la plaine de Saint-Gaudens pourront recommencer à produire.
Sources consultées
- AFP via BoursoramaFibre Excellence : dernier sursis avant liquidation pour l’usine de Saint-Gaudens
- La Dépêche du MidiFibre Excellence : comment l’usine de Saint-Gaudens a obtenu un dernier sursis
- LégifranceCode de commerce, chapitre relatif à la réalisation de l’actif
- Fibre Excellence Saint-GaudensComptes sociaux et rapport du président, exercice 2023
- Conseil départemental de la Haute-GaronneDiagnostic des vulnérabilités au changement climatique des territoires haut-garonnais