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Ce que Toulouse teste pendant un vol de 24 heures

L’A350-1000ULR est revenu d’Australie après 24 h 24 de vol, une épreuve grandeur nature de sa dernière tranche d’autonomie.

Illustration - A350-1000ULR au-dessus de Toulouse

Le premier A350-1000ULR d’essais est revenu à Toulouse mardi 28 juillet après 24 heures et 24 minutes de vol depuis Melbourne. L’appareil a parcouru 12 460 milles nautiques, soit environ 23 000 kilomètres, en traversant le Pacifique, l’Amérique du Nord puis l’Atlantique.

La distance impressionne, mais ce trajet ne préfigure pas un futur service commercial de vingt-quatre heures. Airbus cherchait à démontrer que l’avion pouvait assurer jusqu’à 23 heures de temps bloc, du départ du parking à l’arrivée au terminal. Cette marge doit couvrir les liaisons de Project Sunrise, prévues jusqu’à 21 h 40, mais aussi le roulage, l’attente en vol et un éventuel déroutement.

Pour gagner cette dernière tranche d’autonomie, la version ULR, pour « ultra long range », reçoit un réservoir central arrière de 20 900 litres. Il lui apporte environ 1 000 milles nautiques supplémentaires, assez pour approcher les 10 000 milles nautiques et relier sans escale Sydney à Londres ou New York.

Emporter davantage de carburant ne suffit pas. Pendant plus de vingt heures, il faut en surveiller la température et la teneur en oxygène, commander les pompes et transférer les bonnes quantités entre les réservoirs sans déséquilibrer l’avion. Airbus devait compléter pendant ce voyage plusieurs essais restés ouverts.

L’autonomie se paie aussi en cabine. L’A350-1000ULR dispose de deux espaces de repos séparés pour les pilotes et d’un nouveau système qui refroidit chaque office de bord indépendamment. Cinq pilotes, dont deux de Qantas, se sont relayés sur le retour selon des quarts de quatre heures, avec une relève toutes les deux heures pour assurer un recouvrement. Les futurs appareils ne transporteront par ailleurs que 238 passagers, la plus faible densité annoncée pour un A350-1000. Plus de 40 % des places seront installées dans les cabines premium.

Ce choix commercial dit autant que le réservoir supplémentaire. Pour supprimer une escale entre Sydney et Londres, Qantas accepte une cabine moins dense et un appareil emportant davantage de carburant, aménagé pour que passagers et équipages puissent supporter jusqu’à vingt-deux heures dans les airs. La compagnie prévoit de lancer la liaison en octobre 2027, sous réserve de la certification et des autorisations réglementaires.

Le MSN707 avait effectué son premier vol depuis Toulouse le 2 juin. Il emporte désormais cinq tonnes d’instruments et plus de 1 000 capteurs, installés sans percer la cabine puisque cet appareil d’essais doit ensuite être réaménagé pour Qantas. Les données recueillies serviront aussi à recalibrer les modèles numériques utilisés pour tester de futures configurations.

Airbus classe le trajet Melbourne-Toulouse comme un vol de développement, distinct des vols formels de certification. L’entreprise ne publie ni le détail des mesures obtenues ni les éventuelles anomalies rencontrées. Le retour à Toulouse montre donc que l’appareil a tenu la mission prévue, pas que son dossier réglementaire est clos.

Pour les équipes locales, la prochaine étape consiste à exploiter ces vingt-quatre heures de données pour la certification, puis à intégrer les enseignements dans la chaîne d’assemblage des onze autres A350-1000ULR commandés par Qantas.

Sources consultées
  1. AirbusExtending the horizon: inside the A350-1000ULR’s longest development flight
  2. AirbusFlight testing the A350-1000ULR
  3. AirbusCountdown to the world’s longest commercial flights: the Airbus A350-1000ULR
  4. QantasAustralia to the world, non-stop: Qantas to launch history-making flights