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Fibre Excellence : l’État exige davantage de fonds privés avant l’audience du 27 juillet

À Saint-Gaudens, l’offre de reprise oppose désormais l’État au camp Pigasse sur le partage du risque. Environ 270 emplois sont en jeu avant l’audience du 27 juillet.

Usine Fibre Excellence à Saint-Gaudens

Les salariés occupent toujours l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, à trois jours de l’audience décisive du tribunal de commerce de Toulouse. Le financement de la reprise, encore à boucler le 21 juillet, est devenu un conflit ouvert entre le gouvernement et les défenseurs de l’offre portée par Matthieu Pigasse.

Mardi 21 juillet, le ministre de l’Économie Roland Lescure a déclaré devant l’Assemblée nationale que cette offre n’était « pas au niveau ». Selon lui, l’État a déjà engagé plus de 90 millions d’euros depuis 2021, se prépare à apporter jusqu’à 100 millions supplémentaires et se verrait demander un nouvel effort dépassant encore 100 millions. Face à ces sommes, il ne retient que les 5 millions engagés par Combat Holding, la société de Matthieu Pigasse.

L’offre obtenue début juillet par l’AFP présente un tableau différent. Elle prévoit 107 millions d’euros d’investissements, dont 8 millions apportés par des investisseurs privés réunis autour de Combat Holding, 8 millions par des fonds liés aux régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur et 45 millions de financements énergétiques via Sofiac. Le solde doit provenir de prêts publics et bancaires.

Ces deux présentations ne couvrent pas les mêmes catégories de financement. Le ministre additionne des aides passées, des engagements futurs et une nouvelle demande qu’il attribue au projet. L’offre, elle, mêle capitaux propres, financements régionaux, investissements énergétiques et emprunts. L’offre complète n’étant pas publique, les montants ne peuvent pas être rapprochés ligne par ligne avant l’audience.

Le désaccord porte néanmoins sur une question précise : quelle part du risque doit être assumée par le repreneur lui-même ? L’État estime qu’un apport privé aussi limité ne suffit pas à justifier un soutien public massif. Les régions et les syndicats répondent que la survie du groupe dépend aussi de décisions publiques sur le tarif de rachat de l’électricité produite par biomasse, l’approvisionnement en bois et les quotas carbone.

Dans une lettre adressée mercredi 22 juillet à Emmanuel Macron, les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que les dirigeants de la CGT, de la CFDT et de FO ont demandé une table ronde urgente. Ils attribuent notamment la hausse du prix du bois aux politiques énergétiques et à la baisse des volumes issus des forêts publiques. FO demande l’intervention de Bpifrance et défend par ailleurs une nationalisation temporaire.

Deux problèmes se superposent. Il faut financer le redémarrage immédiat des usines et rendre leur exploitation viable alors que le prix du bois, les conditions d’approvisionnement et les règles énergétiques dépendent en partie de politiques nationales. Relever le tarif de rachat de l’électricité ou sécuriser l’approvisionnement en bois peut améliorer les comptes futurs. Cela ne remplace pas les liquidités nécessaires pour reprendre les actifs, reconstituer les stocks et remettre les machines en marche.

L’offre doit maintenant convaincre le tribunal que ces deux étages tiennent ensemble. À Saint-Gaudens, environ 270 salariés attendent lundi 27 juillet de savoir si le montage permettra réellement de rallumer l’usine qu’ils continuent d’occuper.

Sources consultées
  1. Assemblée nationalePremière séance du mardi 21 juillet 2026
  2. Région OccitanieFibre Excellence : réaction de Carole Delga à la décision du Tribunal de commerce de Toulouse
  3. AFP avec Connaissance des ÉnergiesMatthieu Pigasse dépose une offre pour reprendre le papetier Fibre Excellence
  4. Force OuvrièreFibre Excellence : « C’est le délai de la dernière chance »
  5. AFP via BoursoramaFibre Excellence : Régions et syndicats demandent à Macron d’intervenir