
Le tribunal administratif de Toulouse a suspendu, jeudi 23 juillet, l’arrêté municipal qui imposait l’évacuation immédiate de l’ancienne résidence située rue Louis-Plana et rue Henri-Guillaumet. Environ cent jeunes étrangers y vivent, dont plusieurs contestent en justice le refus de reconnaître leur minorité.
Cette décision n’annule pas leur expulsion. La cour d’appel de Toulouse l’avait ordonnée le 16 avril, tout en accordant un délai aux occupants. L’arrêté pris par la mairie le 8 juillet supprimait ce répit en interdisant immédiatement l’habitation et l’accès au bâtiment. Sa suspension maintient donc l’occupation jusqu’au terme du délai fixé par la justice judiciaire.
La Ville avait invoqué un danger grave et imminent après deux incendies, survenus les 18 et 27 mai. Le Service départemental d’incendie et de secours avait signalé des bouteilles de gaz, des installations énergétiques non maîtrisées, des locaux dégradés et des accès difficiles pour les secours.
Le tribunal ne nie pas ces risques. Il estime toutefois que les pièces produites ne démontrent pas un péril assez immédiat pour justifier l’évacuation sans délai d’une centaine de personnes dépourvues de solution d’hébergement. Le courrier du SDIS recommandait surtout de dégager les accès, de sécuriser certaines installations et de mieux organiser l’occupation. Il ne constatait pas de fragilité structurelle avérée.
Plusieurs mesures avaient d’ailleurs été prises après les incendies. Les réserves de gaz avaient été retirées, la cuisine déplacée hors du sous-sol, les accès dégagés et les occupants formés à l’utilisation des extincteurs. Un diagnostic du bâtiment a été réalisé le 16 juillet, mais aucun résultat établissant un danger imminent n’avait été communiqué au juge.
Autour de Louis-Plana, les responsabilités sont éclatées. Toulouse Métropole possède le bâtiment. Le maire peut agir contre un risque immédiat. Le Département doit mettre à l’abri et évaluer les jeunes qui se présentent comme mineurs non accompagnés. Les juridictions décident de l’expulsion et des recours individuels. Entre ces acteurs, des associations assurent sur place une partie de l’aide alimentaire, sanitaire, éducative et matérielle.
Aucune de ces institutions ne dispose seule des moyens de résoudre les deux problèmes en même temps : sécuriser un immeuble dégradé et éviter que ses occupants ne se retrouvent à la rue. Une fermeture immédiate, sans mise à l’abri organisée au moment de l’audience, aurait interrompu leur scolarité, leur accompagnement et leur accès aux équipements sanitaires du bâtiment. Le maintien dans les lieux prolonge, lui, une occupation précaire dans un site où deux incendies se sont déjà déclarés.
La suspension maintient le délai accordé par la cour d’appel, mais ne règle ni l’hébergement des occupants ni l’avenir du bâtiment. À son expiration, l’expulsion de la résidence Louis-Plana restera prévue. Aucune destination précise pour les jeunes qui y dorment n’est encore documentée.
Sources consultées
- Tribunal administratif de ToulouseLe tribunal suspend l’évacuation immédiate de l’immeuble situé 159 rue Louis-Plana et 23 rue Henri-Guillaumet à Toulouse
- Tribunal administratif de ToulouseOrdonnance du 23 juillet 2026, nos 2605812, 2605813, 2605882, 2605883, 2605889 et 2605893
- Ministère du Travail et des SolidaritésPrendre en charge les mineurs non accompagnés
- LégifranceCode de l’action sociale et des familles, article L. 221-2-4