Article

À Toulouse, Latecoere contribue au réseau électrique de WindRunner

Le bureau d’études toulousain participera au système électrique du projet d’avion cargo WindRunner, long de 109 mètres et conçu pour les charges hors gabarit.

Illustration - Réseau électrique d’un avion cargo

Faire voler un avion de 109 mètres suppose aussi de faire circuler l’électricité et les données d’un bout à l’autre sans qu’une panne locale menace plusieurs fonctions essentielles. Latecoere vient d’être retenu pour contribuer au système d’interconnexion électrique de WindRunner, avec un travail mené depuis son bureau d’études de Toulouse et auprès de son client américain Radia.

WindRunner doit son gabarit à un problème de volume plutôt que de poids. Radia annonce une soute d’environ 6 800 m³, capable d’accueillir une charge longue de 105 mètres, mais une capacité maximale de 72,6 tonnes. L’appareil serait donc moins un champion de l’haltérophilie qu’une immense boîte volante, dessinée pour des objets qui ne passent pas dans les cargos actuels.

Le projet est né autour des pales d’éoliennes terrestres. Les modèles les plus longs deviennent difficiles, voire impossibles, à acheminer jusqu’aux parcs par la route. Ponts, virages, panneaux, lignes électriques et traversées urbaines imposent des détours ou des travaux lourds. Radia veut pouvoir déposer ces pales près de leur destination depuis une piste semi-aménagée d’environ 1 800 mètres.

À l’intérieur de l’avion, le système appelé EWIS ne se résume pas à dérouler davantage de câbles. Il comprend les fils, les connecteurs, leurs protections et leurs supports, chargés de transmettre l’énergie, les commandes et les données entre les équipements. Les règles aéronautiques exigent notamment de séparer certains circuits, de les protéger contre les interférences et les frottements, puis de les rendre accessibles pour l’inspection et le remplacement.

Sur un fuselage de 109 mètres, ces contraintes changent d’échelle. Les liaisons doivent parcourir un appareil plus long que n’importe quel avion actuel, tout en conservant les redondances nécessaires et sans l’alourdir inutilement. L’accord prévoit une contribution de Latecoere au développement de l’EWIS et aux principes de l’architecture électrique, sans lui attribuer la responsabilité de l’ensemble du système.

Les systèmes d’interconnexion constituent l’un des métiers établis de Latecoere, aux côtés des aérostructures. Le choix du bureau d’études toulousain place cette compétence dans un programme où la difficulté ne vient pas d’une technologie entièrement nouvelle, mais de l’intégration et de la certification de systèmes connus dans un appareil aux proportions inédites.

WindRunner reste un programme en développement. Radia a réuni plus de vingt fournisseurs et partenaires pour les structures, l’avionique, les commandes de vol, les essais ou la fabrication, mais l’appareil n’est encore ni construit ni certifié. La sélection de Latecoere montre que les études de systèmes se précisent, pas que le pari industriel est déjà gagné.

Le montant du contrat n’a pas été publié et aucune production à Toulouse n’est annoncée. La mission locale commence donc dans les plans : contribuer à la conception d’un réseau électrique protégé, accessible à l’inspection et compatible avec les exigences de certification sur 109 mètres de fuselage.

Sources consultées
  1. LatecoereLatecoere sélectionné par Radia pour développer l’EWIS de WindRunner, le plus grand avion cargo au monde
  2. RadiaRadia Expands WindRunner Industrial Ecosystem with Latecoere and Stirling Dynamics
  3. RadiaWindRunner
  4. Federal Aviation Administration / eCFR14 CFR Part 25 Subpart H, Electrical Wiring Interconnection Systems
  5. Royal Aeronautical SocietyWindRunner, the biggest of the big