
Hemeria et Safran Electronics & Defense veulent placer un système d’écoute électromagnétique sous un ballon stratosphérique. L’accord signé le 17 juin à Eurosatory associe une plateforme fournie par Hemeria à des capteurs et aux modèles d’intelligence artificielle de Safran.AI.
Le dispositif doit détecter, identifier et analyser les émissions de radars ou de systèmes de communication terrestres, aériens et maritimes. Ces signaux peuvent révéler leur présence, leur nature ou leur activité. Safran.AI doit automatiser leur traitement et croiser les données de plusieurs capteurs, afin de fournir plus rapidement une information exploitable aux forces armées.
Hemeria doit fournir le ballon et Safran.AI les logiciels d’analyse et de fusion des données. Le communiqué ne nomme ni le fabricant des capteurs ni la plateforme stratosphérique retenue.
L’intérêt du ballon tient à sa permanence. À environ 20 km d’altitude, il dispose d’une ligne de vue étendue et peut surveiller une vaste zone. Un avion ou un drone doit régulièrement revenir se poser, tandis qu’un satellite défilant ne reste que brièvement au-dessus du même endroit. Encore faut-il éviter que le ballon dérive hors de la zone surveillée.
À Ayguesvives, au sud-est de Toulouse, Hemeria concentre ses activités consacrées aux ballons stratosphériques, aux ballons captifs et aux dirigeables. Le site industriel de 9 500 m² emploie plus de 70 personnes spécialisées dans l’assemblage de films et de textiles légers capables de former de très grandes enveloppes.
Le programme BalMan illustre le travail restant, même si Hemeria ne l’identifie pas comme la plateforme choisie avec Safran. Développé avec le CNES, ce ballon doit changer d’altitude pour trouver des courants favorables et rester près d’une zone donnée. Deux vols d’essai ont validé la méthode de lâcher, l’ascension et le système de fin de vol. La phase engagée fin 2025 doit désormais améliorer la manœuvrabilité, les logiciels de pilotage et la durée des missions, avec une démonstration d’au moins quinze jours en préparation.
Le drone Enbata présenté à Francazal porte lui aussi des capteurs militaires, mais selon une logique différente. Il mise sur sa mobilité. Le ballon cherche à tenir longtemps au même endroit, à une altitude située entre celle de l’aviation ordinaire et celle des satellites.
L’accord avec Safran précise l’usage visé : transformer cette permanence en capacité d’écoute. Aucun client, essai commun ou résultat de détection n’est encore annoncé. Pour les équipes d’Ayguesvives, la prochaine preuve consistera à faire voler ensemble le ballon, sa charge d’écoute et les logiciels capables de transformer plusieurs jours de signaux en renseignement utilisable.
Sources consultées
- SafranSafran and Hemeria Sign Memorandum of Understanding to Develop Innovative Electromagnetic Intelligence Solutions Combining AI and High-Altitude Balloons
- HemeriaAyguesvives
- HemeriaLe CNES et HEMERIA signent la phase 3 du projet BalMan, ballon stratosphérique manœuvrant
- Centre national d’études spatialesOn rembobine l’année : 2024 en 24 images spatiales