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À Boussens, une usine automobile prépare la production en série des drones Delair

La ligne annoncée à Boussens pour novembre 2026 vise 30 000 drones par an. Cette capacité cible n’est pas encore adossée à un carnet de commandes publié.

Usine assemblant des drones à Boussens

Le site Schaeffler de Boussens doit accueillir en novembre 2026 une ligne d’assemblage de drones conçus par l’entreprise toulousaine Delair. Les deux partenaires annoncent une capacité cible de 100 appareils par jour, soit environ 30 000 par an lorsque l’installation fonctionnera à plein régime. Il s’agit d’un objectif industriel, pas d’une production déjà atteinte.

Après le démonstrateur hybride développé avec Ascendance, l’innovation se déplace ici du bureau d’études vers l’atelier. Delair conserve la conception et l’intégration de ses systèmes. Schaeffler doit organiser l’assemblage des composants et sous-systèmes livrés par les fournisseurs du droniste, en appliquant les méthodes de cadence et de contrôle qualité acquises dans l’automobile.

La ligne doit fabriquer deux appareils militaires. Damoclès est une munition téléopérée développée par Delair et KNDS France. La Direction générale de l’armement l’a qualifiée en novembre 2025 et les premières livraisons ont commencé le 2 décembre 2025. La commande publique connue porte sur 460 exemplaires à livrer aux forces armées avant juillet 2026. Aspik, le second appareil prévu à Boussens, est un intercepteur de drones plus récent, sur lequel peu de caractéristiques ont été rendues publiques.

Cette commande établit la maturité opérationnelle de Damoclès. Elle devait toutefois être exécutée avant l’ouverture annoncée de la ligne de Boussens. Les partenaires ne publient pour l’instant ni carnet de commandes correspondant à la capacité de 30 000 unités, ni calendrier détaillé de montée en cadence.

Le choix du Comminges tient aux compétences déjà présentes dans l’usine. Le site, passé de Continental à Vitesco puis à Schaeffler, travaille dans l’électronique et les capteurs automobiles. Il emploie environ 250 personnes. Pour produire des drones par milliers, il faut approvisionner les mêmes pièces sans rupture, répéter les opérations avec peu d’écarts, tracer les composants et tester chaque appareil. Ce sont précisément les disciplines quotidiennes d’un équipementier automobile.

La Région annonce la création d’une cinquantaine de postes qualifiés. Schaeffler a toutefois indiqué à La Tribune qu’une trentaine de salariés du site pourraient être mobilisés lorsque la ligne fonctionnera à pleine cadence. La part des recrutements nouveaux et celle des salariés déjà présents ne sont donc pas encore établies.

Le rapprochement entre automobile et drones ne se limite pas à Boussens. En juin 2026, Renault et Thales ont annoncé leur propre projet de fabrication de drones militaires, avec un objectif de 1 000 unités par mois et le recours aux procédés automobiles pour réduire le nombre de pièces et les coûts. Dans les deux cas, l’industrie de défense vient chercher dans l’automobile moins une technologie de vol que sa capacité à fabriquer vite, régulièrement et en nombre.

À Boussens, le passage à la grande série commencera réellement avec le démarrage de la ligne en novembre 2026. Sa cadence et le nombre de recrutements diront alors ce que recouvrent les 30 000 appareils annoncés.

Sources consultées
  1. Schaeffler FranceSchaeffler et Delair s’allient pour industrialiser la production européenne de drones
  2. Direction générale de l’armementLa DGA livre la première munition téléopérée de courte portée Damoclès aux forces armées
  3. La Tribune30 000 drones par an : l’allemand Schaeffler choisit le sud de Toulouse pour assembler les drones Delair
  4. Région OccitanieCarole Delga annonce l’implantation à Boussens d’une nouvelle ligne d’assemblage des drones de Delair aux côtés de Schaeffler