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À Toulouse, Kairos augmente la puissance de calcul sans gonfler l’enveloppe électrique

Mis en production au mésocentre CALMIP, Kairos augmente la puissance de calcul disponible à Toulouse avec une contrainte centrale: produire plus par watt.

Supercalculateur Kairos à Toulouse

À Toulouse, Kairos est désormais la machine principale du mésocentre CALMIP, à l’Espace Clément Ader. Depuis le 1er juillet 2026, ce nouveau supercalculateur remplace Olympe pour une partie de la recherche publique toulousaine et pour des projets associant aussi des entreprises.

Le saut technique est net. Kairos repose sur 120 nœuds de calcul, 64 GPU H200, 4,77 pétaflops de puissance théorique et 2,3 Po de stockage rapide. L’Université de Toulouse annonce une puissance globale multipliée par 3,5 par rapport à Olympe, et une puissance dédiée à l’intelligence artificielle multipliée par 10. Pour les laboratoires, cela ne signifie pas seulement des calculs plus rapides: cela ouvre davantage de place pour les simulations lourdes, les modèles d’IA, les séries d’essais numériques ou les traitements de données qui deviennent vite trop longs sur les capacités habituelles d’un laboratoire.

La contrainte, dans ce type d’équipement, n’est plus seulement la vitesse. C’est l’électricité, la chaleur et la capacité à garder une machine utilisable sans faire dériver sa consommation. Kairos a été classé premier du Green500 en novembre 2025, avec 73,28 gigaflops par watt sur le benchmark HPL. Le classement ne récompense pas la plus grosse machine du monde, mais celle qui produit le plus de calcul par watt. Pour Toulouse, le point important est là: CALMIP augmente fortement la puissance disponible tout en annonçant une enveloppe énergétique globale stable et une consommation par heure de calcul divisée par 3,5 par rapport à Olympe.

L’investissement public atteint 5,75 millions d’euros, financés dans le cadre du CPER 2021-2027 par l’État, la Région Occitanie, Toulouse Métropole et l’Inserm. Kairos s’inscrit aussi dans le Datacenter régional Occitanie, qui mutualise des infrastructures numériques entre Toulouse et Montpellier. C’est moins visible qu’un nouveau bâtiment, mais tout aussi révélateur de la recherche locale: une partie de la capacité scientifique dépend désormais de salles machines partagées, refroidies, sécurisées et maintenues dans la durée.

Kairos arrive dans un mésocentre déjà très utilisé. En 2025, Olympe a servi plus de 1 000 scientifiques, 242 projets et 42 laboratoires, avec des collaborations impliquant 12 entreprises locales. Depuis 2008, CALMIP réserve aussi 10 % de ses ressources aux TPE, PME et ETI, notamment pour des simulations de grande échelle ou des études paramétriques. Les heures ne sont pas distribuées à la demande: les projets passent par un comité d’attribution, avec deux sessions annuelles et des règles de quotas.

Kairos n’est donc pas une promesse de laboratoire. C’est une infrastructure de production. Sa valeur dépendra maintenant de ce que les équipes sauront en faire: porter leurs codes vers des architectures accélérées, choisir les bons problèmes, utiliser l’accompagnement technique de CALMIP, et obtenir des résultats plutôt que de simples heures de calcul. La compétence locale ne tient pas seulement dans la machine. Elle tient aussi dans les sept experts qui la font tourner et dans la communauté de chercheurs qui sait déjà travailler avec ce type d’outil.

La recherche toulousaine se voit parfois dans ses chantiers, comme le futur Bat Innov du CNRS. Avec Kairos, elle se lit aussi dans une infrastructure moins visible: une salle de calcul de l’Espace Clément Ader où des ailes, des matériaux, des modèles climatiques ou des algorithmes peuvent être testés avant d’exister ailleurs que dans les données.

Sources consultées
  1. Université de ToulouseLe nouveau supercalculateur Kairos accélère la recherche à Toulouse
  2. CALMIPDocumentation technique KAIROS
  3. CALMIPCalcul Intensif - HPC (2026)
  4. TOP500Green500 List - November 2025
  5. CALMIPMésocentre ouvert aux entreprises