Le futur pont de Mirepoix-sur-Tarn a maintenant un calendrier de chantier. Le Département de la Haute-Garonne en a présenté le dessin aux habitants le 30 juin, après avoir notifié le marché de travaux au groupement Bouygues-Maeg le 1er juin. Le chantier doit commencer en septembre 2026 et s’achever au printemps 2028.
L’ouvrage reliera de nouveau Mirepoix-sur-Tarn et Bessières, dans l’axe de l’ancien pont effondré le 18 novembre 2019. Il mesurera 154,20 mètres, reposera sur deux culées et deux piles dans le Tarn, et pourra accueillir les véhicules jusqu’à 44 tonnes. Le Département annonce 16,1 millions d’euros pour le pont lui-même, et 20,7 millions d’euros au total avec les opérations de démolition, études, assainissement et aménagements annexes.
Ce n’est pas une réparation à l’identique. L’ancien pont suspendu portait une chaussée étroite et une interdiction aux véhicules de plus de 19 tonnes. Le rapport du BEA-TT a établi que l’effondrement avait suivi le passage d’un ensemble routier de plus de 50 tonnes, lors d’un transport exceptionnel mal préparé. Deux personnes avaient été tuées: une adolescente passagère d’une voiture, et le conducteur du poids lourd.
Le futur pont change donc la règle du franchissement autant que son apparence. Il prévoit deux voies de circulation, un espace séparé pour les piétons et les cyclistes, une rampe d’accès au Tarn pour les secours côté Bessières, et un mini-giratoire côté Mirepoix-sur-Tarn pour calmer l’entrée de bourg. Le projet assume une fonction plus large qu’un simple passage routier: permettre aux voitures, aux camions autorisés, aux vélos, aux piétons et aux secours de cohabiter sur un point de passage longtemps vulnérable.
Avant l’accident, les comptages de 2015 relevaient environ 1 965 véhicules par jour sur ce secteur de la RD71, dont 43 poids lourds. Ce n’est pas un trafic métropolitain massif. Mais dans une vallée, un pont peut compter davantage que ne le suggère son trafic: il raccourcit les trajets vers la RD630, les commerces et entreprises de Bessières, les arrêts de transport scolaire ou interurbain, les services de l’autre rive.
L’enquête publique de 2025 insistait aussi sur les modes doux, avec l’idée de relier des itinéraires cyclables existants, dont la voie verte V85. Le choix est simple, mais il change l’usage du pont: reconstruire après un drame ne consiste pas seulement à rendre la route aux voitures, mais à refaire le franchissement selon les usages d’aujourd’hui.
Le chantier arrive tard pour les habitants qui vivent avec les détours depuis 2019. Il arrive aussi avec une leçon assez nette pour le réseau départemental: un ouvrage d’art n’est jamais un objet isolé. C’est une règle de circulation, un accès pour les secours, une dépendance économique et une habitude quotidienne. Au printemps 2028, si le calendrier tient, Mirepoix-sur-Tarn et Bessières retrouveront d’abord cela: un passage direct sur le Tarn.
Sources consultées
- Conseil départemental de la Haute-GaronneMirepoix-sur-Tarn : le nouveau pont dévoilé aux habitants
- Conseil départemental de la Haute-GaronneReconstruction du pont de Mirepoix
- Registre NumériqueEP Pont de Mirepoix sur Tarn
- BEA-TTRapport d’enquête sur la chute d’un poids lourd et d’un VL après l’effondrement d’un pont routier le 18/11/2019 à Mirepoix-sur-Tarn