Au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, à Toulouse, “Survivre à Auschwitz” s’ouvre par des vies plutôt que par un monument. Du 3 juillet au 31 octobre, l’exposition suit seize rescapés d’Auschwitz restés sur place après la libération du camp pour soigner d’autres déportés en attente de rapatriement.
Cette entrée donne au sujet une échelle humaine. Le parcours regarde la machine de déshumanisation, mais aussi ce qui a permis à des prisonniers de tenir : des gestes de soin, des solidarités, des réflexes de survie physique et psychologique, puis des récits écrits presque aussitôt après la catastrophe.
Le musée toulousain rassemble une centaine d’objets, de photographies et d’archives, dont certaines pièces datent des premiers jours de 1945. Les sources viennent de ses propres collections, de prêteurs privés et d’institutions françaises ou étrangères. La Fondation pour la mémoire de la déportation a notamment prêté neuf ouvrages rares, en grande partie des témoignages de rescapés d’Auschwitz publiés en France en 1945 et 1946.
Dans les vitrines, le visiteur croisera aussi des dessins liés au camp, Le Cœur d’Auschwitz conservé par le Musée de l’Holocauste Montréal, un dessin issu du fonds Schulz-Frydman du musée, une maquette numérique du complexe concentrationnaire et Larmes, installation de l’artiste Olga Simón consacrée aux 72 convois partis de France vers Auschwitz-Birkenau.
Ce travail s’inscrit dans l’histoire particulière du lieu. Le musée de l’allée des Demoiselles est l’héritier d’une initiative d’anciens résistants et déportés haut-garonnais, lancée dans les années 1970 avant l’inauguration départementale de 1994. Sa collection permanente raconte la Seconde Guerre mondiale en Haute-Garonne ; cette exposition temporaire élargit le champ avec les outils d’un musée : conserver, montrer, transmettre.
La visite libre est gratuite et ne nécessite pas de réservation. Les activités associées peuvent être réservées sur la page d’inscription aux événements du musée.
Après l’entrée récente du graff “Socrate” dans ses collections, le musée fait tenir dans une même salle des archives, des objets historiques et une création contemporaine. Ici, le point d’arrivée n’est pas un grand discours. C’est un livre de 1945, un dessin, une maquette, posés dans une salle toulousaine.