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À Blagnac, le Beluga devient voisin de musée

Le Beluga ST n°4 F-GSTD rejoint aeroscopia, où l’ancien avion-cargo d’Airbus devient patrimoine visible du public sur le tarmac de Blagnac.

Beluga sur le tarmac d’aeroscopia

Le Beluga ST n°4 F-GSTD a rejoint aeroscopia, à Blagnac. Depuis le 25 juin, les visiteurs peuvent découvrir sur le tarmac du musée cet Airbus A300-600ST, ancien avion-cargo d’Airbus reconnaissable à sa silhouette de baleine.

L’image fonctionne parce qu’elle est locale avant d’être spectaculaire. À Blagnac, le Beluga n’est pas une machine venue de nulle part pour remplir une collection. C’est un voisin aéronautique que beaucoup ont déjà aperçu dans le ciel toulousain, sans toujours savoir ce qu’il transportait. Pendant sa carrière, ce type d’appareil a servi à déplacer des pièces hors normes entre les sites européens d’Airbus : ailes, sections de fuselage, hélicoptères, satellites ou éléments spatiaux.

Son arrivée au musée rapproche l’avion du regard des visiteurs. Ce qui passait au-dessus des quartiers, ou restait derrière les clôtures de l’industrie, se retrouve désormais sur le parcours extérieur d’aeroscopia. Le Beluga y rejoint des appareils qui racontent chacun une autre facette de cette histoire : Concorde, Super Guppy, A380, A320 ou A300B. Avec le Super Guppy, son prédécesseur dans le transport des grands morceaux d’avions, la lignée devient visible d’un coup d’œil.

Le nouvel arrivé n’est pas un exemplaire quelconque. Toulouse Métropole l’identifie comme le Beluga ST n°4, immatriculé F-GSTD. Cinq Beluga ST seulement ont été construits. Selon la collectivité, aeroscopia devient le seul établissement au monde à exposer un Beluga ST. Pour la Haute-Garonne, la rareté ne tient donc pas seulement à la taille de l’avion, 56,15 mètres de long et 17,24 mètres de haut. Elle tient au fait qu’un outil de production lié à l’identité industrielle du département devient un objet partagé.

Airbus a officiellement transféré l’appareil depuis sa ligne industrielle le 24 juin, après une carrière de près de trois décennies pour la flotte Beluga ST. Le constructeur indique que le BelugaXL prend désormais le relais pour transporter les composants d’avions commerciaux Airbus, avec une flotte appelée à assurer seule cette mission à partir de la mi-2027. Le ST n°4, lui, entre dans une autre vie : plus lente, plus publique, plus pédagogique.

La visite garde une limite pratique. L’appareil est installé sur le tarmac, accompagné de médiation extérieure, mais son intérieur ne devrait être ouvert que partiellement à l’horizon juillet 2028. Pour l’instant, c’est donc surtout la rencontre avec la forme, la taille et la place de l’avion qui compte.

Ouvert depuis 2015 allée André-Turcat, aeroscopia joue ici son rôle le plus intéressant : transformer une industrie familière mais souvent distante en mémoire commune. Le Beluga ne transporte plus d’ailes ni de fuselages. À Blagnac, il porte désormais autre chose : la possibilité de se tenir devant l’une des machines qui faisaient travailler le ciel toulousain.

Sources consultées
  1. Toulouse MétropoleUn Beluga à aeroscopia
  2. AirbusAirbus BelugaST joins aviation heritage at Aeroscopia museum
  3. AirbusAirbus Beluga
  4. Musée aeroscopiaInfos pratiques
  5. Ville de BlagnacLe Beluga ST rejoint le musée aeroscopia à Blagnac