Muret remet en procédure l’assistance technique qui doit préparer la rénovation et l’extension de l’usine d’eau potable de la Navère. L’objectif affiché est clair : dimensionner l’équipement pour une capacité de 12 000 m³ par jour.
Ce n’est pas encore le chantier. C’est l’étape d’avant, celle où la commune cherche l’appui d’un assistant à maîtrise d’ouvrage pour cadrer le programme, les choix techniques, les études et la future opération. La consultation MP202606 a été publiée par la ville le 8 juin 2026, avec une remise des offres attendue le 31 juillet à 10 h. L’avis européen précise que la visite du site est obligatoire, sauf pour les candidats déjà venus lors de la procédure MP202513, lancée sur le même objet puis déclarée sans suite le 6 mai 2026.
La relance ne se réduit donc pas à une ligne administrative. Elle montre que le projet revient au départ de la procédure, mais pas au départ du besoin. Le dernier rapport détaillé disponible sur le service municipal de l’eau, daté de 2019, décrivait une usine de la Navère construite dans les années 1970, modernisée en 1989 et capable de produire 10 000 m³ par jour, soit 500 m³ par heure sur 20 heures. La consultation actuelle vise 12 000 m³ par jour. Le saut de capacité reste mesuré : il renforce un outil existant plutôt qu’il ne crée un nouveau système.
L’usine a un rôle très concret dans la ville. Le même rapport indiquait que l’eau brute venait d’une prise directe en Garonne, puis passait par une filière de préozonation, décantation, filtration, ozonation et chloration. L’eau produite alimentait Muret et une partie d’Eaunes, via une vente au SIVOM Saudrune-Ariège-Garonne. En 2024, l’observatoire Eaufrance décrit toujours le service muretain comme un service d’eau potable en régie, couvrant une commune, avec les missions de production, transfert et distribution.
Cette organisation donne au dossier une couleur particulière. À Muret, l’eau potable n’est pas seulement achetée à un grand opérateur extérieur puis oubliée dans une facture. La ville garde une responsabilité directe sur la chaîne, même lorsque des prestataires techniques interviennent. Elle doit donc traiter les questions que tout service d’eau finit par rencontrer : combien produire, avec quelle sécurité, sur quels équipements, à quel coût pour l’usager.
Le coût prévisionnel des travaux et le calendrier opérationnel ne sont pas publiés dans les avis consultés. C’est la limite importante du dossier à ce stade. On sait en revanche que le prix moyen de la seule part eau potable à Muret était de 1,72 € TTC par m³ en 2024 selon Eaufrance, avec une conformité microbiologique de 98,4 % et une conformité physico-chimique de 100 %. La rénovation-extension devra préserver cette équation : produire davantage, ou produire avec plus de marge de sécurité, sans transformer l’eau du robinet en mauvaise surprise sur la facture.
Le choix arrive dans un département où l’eau potable est déjà regardée comme un système à sécuriser. Le Conseil départemental a engagé un schéma d’alimentation en eau potable à l’horizon 2030, pour la quantité comme pour la qualité. L’agence de l’eau Adour-Garonne rappelle que le bassin est très exposé au changement climatique, avec une baisse attendue du débit des rivières de 20 à 40 %. Pour une usine alimentée par une prise en Garonne, ces chiffres touchent directement la quantité disponible et la qualité de l’eau brute à traiter.
La Navère ne changera pas le visage de Muret comme une place rénovée ou un nouveau bâtiment public. Mais elle touche à un service plus intime : l’eau du matin, celle du verre, de la douche, de la cuisine. La prochaine décision visible sera le choix de l’assistant technique. C’est par là que Muret commence à préparer la suite de son usine d’eau potable, avenue Henri-Peyrusse.
Sources consultées
- Ville de MuretMarchés publics
- France Marchés / Journal officiel de l’Union européenneAMO pour la rénovation et l'extension de l'usine de production d'eau potable de la Navère, visant une capacité de 12 000 m3/jour - RELANCE
- Ville de MuretRapport annuel sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable et de l’assainissement, exercice 2019
- Observatoire Sispea / EaufranceMuret - Service eau potable (2024)
- Conseil départemental de la Haute-GaronneEau potable : un schéma départemental