À Montaudran, la Piste des Géants sera inaugurée samedi 13 juin comme un parc de 4,5 hectares, long de 1,2 km. L’ancienne piste aéronautique, berceau des pionniers de l’Aéropostale dès 1917 puis site de maintenance jusqu’en 2003, devient un espace public au cœur de Toulouse Aerospace.
La transformation est très matérielle. Toulouse Métropole annonce plus de 1 600 arbres plantés, avec 1 000 supplémentaires prévus l’hiver prochain, 28 000 m² de bitume retirés, 18 000 m² de pleine terre plantée, 2 000 m² d’espaces de loisirs et une nouvelle piste cyclable de 1,2 km. Cette voie doit assurer une continuité en site propre entre Saint-Orens-de-Gameville et le centre-ville, par la route de Revel, Malepère, Toulouse Aerospace et Montaudran.
Le montant des travaux a été annoncé à 7,9 millions d’euros, financés à 70 % par Toulouse Métropole et à 30 % par Oppidea dans le cadre de la concession d’aménagement Toulouse Aerospace. Ce n’est donc pas seulement l’ouverture d’un jardin de quartier. C’est une opération d’aménagement dans un morceau de ville de 56 hectares, appelé à mêler logements, bureaux, recherche, commerces, équipements publics et espaces verts.
L’intérêt du chantier tient au changement de fonction du sol. Une piste d’aviation est pensée pour être dure, ouverte, lisible, résistante. Un parc urbain doit apporter presque l’inverse : de l’ombre, de l’infiltration, des usages, des traversées lentes, des lieux où l’on peut s’arrêter. À Montaudran, Toulouse recycle un ancien support technique en sol de ville.
Cette bascule dit beaucoup de la façon dont la métropole travaille désormais ses anciens fonciers. Le patrimoine n’est pas effacé : la piste reste le fil du quartier, entre la Halle de La Machine, l’Envol des Pionniers, les nouveaux logements et les cheminements piétons et cyclables. Mais la partie non protégée n’est plus conservée comme une grande trace minérale. Elle est rendue praticable, plantée, occupable par des jeux, des agrès, des terrains de pétanque, des tables de ping-pong, des bancs et des méridiennes.
Le chantier pousse aussi plus loin la question du sol. Toulouse Aerospace indique que 6 697 m³ de terres doivent être réutilisés sur place pour les plantations, afin de limiter les apports extérieurs. Le mobilier d’assise est issu du réemploi. Le parc est aussi présenté comme un projet Life Waste2Build, dans une logique de valorisation des ressources et déchets de chantier.
La réussite se mesurera moins au jour de l’inauguration qu’aux usages dans quelques étés : l’ombre réelle, la tenue des plantations, le confort des cyclistes, la capacité du parc à relier les morceaux de Montaudran au lieu de rester un beau linéaire. Mais la décision est déjà lisible. Sur une ancienne piste faite pour les départs, Toulouse installe désormais de quoi marcher, pédaler, jouer et rester dehors.