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À Croix-Daurade, la santé de proximité se joue aussi dans les mètres carrés

Inaugurée route d’Albi, la MSP Le Coin Santé montre comment Toulouse tente de garder des soins de quartier en aidant les soignants libéraux à se regrouper.

Maison de santé route d’Albi

À Croix-Daurade, la maison de santé pluriprofessionnelle Le Coin Santé a été inaugurée vendredi 5 juin, route d’Albi. Toulouse compte désormais 23 MSP labellisées par l’ARS dans 17 quartiers sur 20, avec l’objectif municipal d’en avoir au moins une par quartier d’ici 2027.

Le fait local tient en une adresse. Le mécanisme, lui, raconte une contrainte beaucoup plus concrète : on ne crée pas un médecin de quartier par délibération. La Ville peut en revanche agir sur ce qui bloque souvent l’installation ou le regroupement des soignants, notamment les locaux, les charges et l’inscription de cabinets médicaux dans les opérations urbaines.

À Toulouse, les leviers municipaux sont concrets : exonération de la part intercommunale de taxe d’aménagement pour les projets de construction de MSP, et réservation possible de locaux dans les opérations d’aménagement portées par la collectivité. Dans son magazine municipal, la Mairie décrit aussi un travail de mise en relation entre médecins, promoteurs, bailleurs sociaux et ARS. La santé de proximité devient alors une affaire d’urbanisme très ordinaire : trouver un rez-de-chaussée, assez grand, accessible, capable d’accueillir plusieurs professions sans disperser le soin.

Le Coin Santé n’est pas seulement une nouvelle enseigne. Les documents de la structure racontent un projet mûri depuis 2016 par des médecins du quartier, avec des locaux anciens et exigus, des habitudes de travail déjà nouées avec des pharmacies, des infirmières et des kinésithérapeutes, puis l’achat d’une maison voisine pour permettre un regroupement. Le projet de santé décrit une MSP multisite autour d’un bâtiment principal au 103 route d’Albi, avec 13 cabinets annoncés dans le projet de santé, deux pharmacies proches et un cabinet de kinésithérapie voisin. Un accord conventionnel interprofessionnel, signé avec la CPAM de Haute-Garonne et l’ARS Occitanie le 6 octobre 2025, ouvre l’accès à des financements publics pour l’exercice pluriprofessionnel coordonné.

Ce point est essentiel. Une MSP n’est pas un centre municipal de santé. Les soignants y exercent en libéral, mais avec une organisation commune : coordination, système d’information partagé, réunions entre professionnels, protocoles, secrétariat appelé à être mutualisé. Pour le patient, la différence peut être très simple : un parcours moins morcelé entre le médecin, l’infirmière, la pharmacie ou le kiné, surtout lorsque le suivi devient régulier ou fragile.

La Haute-Garonne n’a pas le profil d’un désert médical rural. Sa difficulté vient aussi de sa croissance rapide. Selon l’ARS Occitanie, plus d’un habitant sur deux y vit dans l’agglomération de Toulouse Métropole, 10 % des habitants de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant, et 46 % des médecins généralistes partiront à la retraite d’ici 2035. Entre 2019 et 2025, le département a déjà vu ouvrir 34 maisons de santé pluriprofessionnelles.

La MSP de Croix-Daurade ne règle donc pas, à elle seule, l’accès au médecin. Elle montre une méthode plus patiente : garder la médecine de ville attractive, moins solitaire, mieux coordonnée, et lui réserver une place physique dans les quartiers qui se densifient. Pour les habitants, le test ne sera pas le jour de l’inauguration, mais la capacité de la route d’Albi à garder ensemble généralistes, infirmières, pharmaciens et kinés dans le soin quotidien.

Sources consultées
  1. Toulouse Mairie MétropoleLa Mairie de Toulouse agit pour une santé de proximité
  2. Toulouse Mairie Métropole / À Toulouse magazineLa santé accessible à tous
  3. Pappers / INPILE COIN SANTE - Copie des statuts 30-01-2026
  4. ARS OccitanieLe pari de nos territoires pour garantir l’accès aux soins en Occitanie